La tomate devient un luxe au Maroc, la barre des 14 dirhams franchie

- 19h00 - Maroc - Ecrit par : J.K

À 14 dirhams le kilo, la tomate devient inaccessible pour de nombreux foyers marocains. Face à cette flambée inédite, les professionnels dénoncent une exportation massive vers l’Europe et l’Afrique qui vide le marché intérieur et asphyxie le pouvoir d’achat.

Le kilogramme de tomate frôle désormais la barre des 14 dirhams sur les marchés du Royaume, provoquant un vif mécontentement chez les consommateurs. Cette hausse brutale d’un produit de base indispensable s’explique, selon les acteurs du secteur, par une priorité systématique donnée aux ventes à l’étranger. Malgré une amélioration des ressources hydriques cette année, les étals nationaux se vident au profit des marchés internationaux, créant une pénurie artificielle et une spirale inflationniste que les citoyens ne peuvent plus supporter.

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Abderrazak Chabi, président de l’Association des commerçants du marché de gros de Casablanca, pointe directement une « exportation sauvage » qui assèche l’offre locale. Selon une déclaration accordée à Hespress, la diversification des destinations aggrave la situation : les tomates refusées par l’Europe pour des normes de qualité strictes ne sont plus réorientées vers le consommateur marocain, mais partent désormais vers le marché africain. Cette nouvelle dynamique commerciale laisse le marché national en souffrance, privé d’un équilibre entre production et consommation.

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Pour stabiliser les tarifs, les professionnels réclament un plafonnement immédiat et strict des volumes expédiés à l’étranger. Abderrazak Chabi assure que seule une suspension ou une régulation des flux permettrait une chute rapide des prix. Les acteurs du marché exhortent les autorités à intervenir pour corriger ce qu’ils considèrent comme un échec de gestion. L’enjeu est de taille : rétablir l’accès à cette denrée essentielle afin d’éviter que la pression sur le budget des ménages ne devienne insoutenable.