Maroc : le poisson des pauvres est devenu un luxe
À l’approche du Ramadan, le prix de la sardine a franchi la barre historique des 50 dirhams le kilo au Maroc. Cette flambée inédite s’explique par la fin du repos biologique et des conditions météorologiques défavorables.
Traditionnellement considérée comme la principale source de protéines des ménages modestes, la sardine a atteint des sommets tarifaires ce dimanche 15 février. Cette envolée brutale suscite l’incompréhension et la stupéfaction des consommateurs, soudainement privés d’un produit phare de la table de rupture du jeûne à quelques jours seulement du mois sacré.
Cette crise tarifaire résulte d’une chute drastique de l’offre sur les marchés nationaux. Le tarissement des étals est directement lié à l’application stricte du repos biologique, une mesure gouvernementale visant à préserver la reproduction des espèces pélagiques. La situation a été aggravée par une forte houle sur les côtes, forçant la flotte côtière et artisanale à suspendre ses sorties pour des raisons de sécurité.
Flambée des prix de la sardine : une pénurie aux multiples facteurs
Pour combler ce déficit, les marchands se tournent habituellement vers les stocks de poissons congelés. Or, la baisse significative de ces réserves de secours a accentué le déséquilibre entre une offre anémique et une demande pré-ramadanesque en pleine explosion. Un tel contexte de rareté a mécaniquement ouvert la voie à la spéculation, propulsant les prix à des niveaux jamais atteints.
Sur Bladi.net : Maroc : Le poisson du pauvre n’est plus
Avec la levée officielle du repos biologique ce dimanche, les regards se tournent désormais vers les ports. Le retour attendu des chalutiers devrait permettre de réapprovisionner les halles aux poissons dans les jours à venir. Une stabilisation des étiquettes reste toutefois conditionnée à l’amélioration de la météo et à l’abondance des premières pêches.