La récolte d’olives au Maroc vire au casse-tête
La campagne oléicole marocaine, dopée par des rendements exceptionnels, accuse un retard inédit en raison des pluies et d’une pénurie de main-d’œuvre. Ce décalage menace désormais le repos biologique des arbres avant le cycle de floraison d’avril.
Les oliveraies nationales connaissent une activité inhabituelle en ce début de mois de février. Selon la Fédération interprofessionnelle marocaine de l’olive (FIMO), la récolte actuelle se poursuit bien au-delà des délais habituels qui s’achèvent normalement fin janvier. Si la production de cette année est qualifiée de record après sept ans de sécheresse, son achèvement se heurte à des obstacles climatiques et logistiques majeurs.
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Le résident de la FIMO souligne, auprès d’Hespress, que les interruptions causées par les fortes précipitations depuis décembre ont considérablement ralenti la cueillette. Parallèlement, le secteur fait face à une raréfaction de la main-d’œuvre saisonnière incapable d’absorber de tels volumes. Cette tension sur le marché du travail a entraîné une flambée des coûts, le tarif journalier d’un ouvrier atteignant désormais 200 dirhams dans les régions de Kalaat Sraghna, Taounate ou Ouezzane.
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Cette situation inquiète les agronomes car le maintien des fruits sur les branches prive les oliviers de leur période de repos indispensable. Les experts craignent que l’épuisement des ressources de l’arbre cette année n’entraîne une baisse drastique du rendement pour la saison 2027, accentuant le phénomène naturel d’alternance. L’enjeu des prochaines semaines sera de clore la campagne au plus vite pour préserver la viabilité future du verger national.