Immobilier au Maroc : ces lenteurs qui bloquent les chantiers

- 10h00 - Maroc - Ecrit par : S.A

Lors de l’examen du projet de loi sur les lotissements, les parlementaires ont dénoncé les lourdeurs administratives pénalisant les chantiers. Ils exigent des procédures simplifiées pour les constructeurs tout en protégeant les finances des communes.

Lors d’une réunion de la commission de l’Intérieur mercredi, le député Ahmed Abbadi a fustigé la « spirale bureaucratique » qui paralyse de nombreux investisseurs. Régulièrement, des professionnels ayant achevé leurs travaux voient leur permis de trois ans expirer à cause de la lenteur des mairies à traiter leur réception provisoire. Contraints de reprendre toute la procédure à zéro, ils doivent repayer les frais de raccordement en eau et électricité et fournir de nouveaux plans. L’élu dénonce une « charge injustifiée » nuisant directement à la réalisation des projets.

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Au-delà de ces lenteurs, les parlementaires réclament une vigilance accrue sur la conformité et la fiscalité. La députée Saloua El Berdai a insisté pour que les communes contrôlent rigoureusement les chantiers sur le terrain, exigeant la levée des réserves techniques sous trente jours avant toute validation. Sur le volet financier, Ahmed El Abadi juge qu’une attestation signée par le président de la commune doit être indispensable pour la conservation foncière. Cette barrière empêcherait les entrepreneurs d’obtenir leurs titres de propriété sans s’acquitter de leurs taxes locales, évitant ainsi toute compromission de l’argent public.

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Face à ces critiques, le secrétaire d’État à l’Urbanisme a défendu un texte qu’il estime protecteur pour les deux parties. Adib Benbrahim a précisé que le constructeur ne saurait être pénalisé par les retards administratifs si son dossier est déposé dans les délais légaux. S’agissant des impôts, le responsable gouvernemental s’est voulu catégorique : le paiement des redevances restera une exigence absolue. Les services fonciers ne valideront aucune démarche définitive sans la garantie d’une situation fiscale parfaitement régularisée auprès de la collectivité.