Maroc : ras-le-bol des cités de béton

- 13h00 - Maroc - Ecrit par : Bladi.net

Les députés de l’opposition tirent la sonnette d’alarme sur le projet de loi 34.21. Ils réclament une rupture avec les « cités de béton » sans services et dénoncent les dérives liées aux autorisations de lotissement et au manque d’infrastructures.

La réforme doit mettre fin au chaos. Réunis ce mardi en commission, les députés de l’opposition ont exigé que le nouveau texte sur les lotissements immobiliers stoppe les dysfonctionnements urbains. Youssef Bayazid, du groupe Progrès et Socialisme, a pointé du doigt les « certificats de division » détournés qui favorisent le morcellement illégal des terres. Pour lui, ces pratiques entravent les efforts de l’État en matière de conservation foncière et nécessitent des sanctions plus fermes contre l’habitat anarchique.

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Le financement des équipements publics cristallise aussi les tensions. Un autre député socialiste a dénoncé les indemnisations « fantaisistes » réclamées par certains promoteurs pour les terrains réservés aux services publics. Il plaide pour une planification intégrée entre la santé et l’éducation afin d’éviter que ces infrastructures ne restent inutilisées. Il note également que les retards de livraison incombent souvent aux gestionnaires de réseaux d’eau et d’électricité plutôt qu’aux investisseurs.

Le cri de cœur concerne surtout la qualité de vie des citoyens. Abdessamad Haiker, du groupe PJD, a mis en garde contre la multiplication de quartiers transformés en simples « boîtes en ciment ». Sans écoles ni services de base, ces zones deviennent invivables. Le député estime que « toute réforme réelle doit rompre avec la logique de la simple construction pour aller vers une planification urbaine intégrant l’habitat, les services et les infrastructures ». Il demande que l’octroi des permis soit désormais lié à la réalisation effective de ces équipements.

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Enfin, les parlementaires appellent à une clarification des responsabilités juridiques, notamment face au silence de l’administration qui vaut parfois autorisation tacite. Pour débloquer les projets en souffrance, particulièrement dans le monde rural, l’opposition suggère d’autoriser la réception partielle des travaux des lotissements. L’objectif est de protéger le consommateur contre la vente de terrains non équipés et de garantir que les communes n’aient plus à supporter les frais de réparation pour des vices cachés laissés par les promoteurs.