Saisies, ventes aux enchères et faillites : Pourquoi le secteur de la location auto agonise dans le nord du Maroc
Les agences de location de voitures à Tanger réclament l’intervention du ministère de la Justice. Elles dénoncent la saisie de leurs véhicules impliqués dans des affaires judiciaires, une pratique qui menace la survie de leurs entreprises locales.
Réunis en conférence de presse, les professionnels du secteur ont alerté sur l’immobilisation fréquente de leurs véhicules lors d’enquêtes liées au trafic de drogue ou à la migration clandestine. Certaines voitures sont même vendues aux enchères par décision de justice, bien qu’elles constituent l’unique outil de travail des agences. Les opérateurs rappellent que leur rôle se limite à la location sans chauffeur et que la responsabilité légale des actes criminels doit incomber exclusivement au locataire.
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Le secteur pointe également du doigt une « exclusion systématique » au sein des zones industrielles de Tanger. Les agences locales accusent les grands investisseurs et les administrations publiques de favoriser des prestataires basés à Casablanca ou Rabat au détriment des entreprises de la région. Les professionnels dénoncent un manque de transparence et des pratiques de favoritisme dans la gestion des appels d’offres, une situation jugée « contraire aux principes de la régionalisation avancée ».
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Pour éviter des faillites massives et des pertes d’emplois, les acteurs du secteur appellent à l’instauration d’une « préférence régionale » dans les marchés publics. Ils sollicitent l’accompagnement du Centre régional d’investissement (CRI) pour renforcer leur compétitivité et faciliter leur accès aux commandes publiques. « Il faut établir un équilibre légal garantissant la protection des droits de toutes les parties sans nuire aux moyens de subsistance des professionnels », ont conclu les représentants de l’association.