Terrains vides au Maroc : pourquoi vous pourriez bientôt payer entre 15 et 30 DH le mètre carré

- 05h00 - Maroc - Ecrit par : S.A

Entrée en vigueur le 5 mars 2026, une circulaire encadre strictement la taxe sur les terrains urbains non bâtis. Si elle corrige des pratiques fiscales irrégulières, son application se heurte au manque criant de moyens des communes.

Depuis début mars, la circulaire n° 323.G.2 redéfinit l’imposition des parcelles vides au Maroc. Selon Les Inspirations Eco, ce texte exige un zonage certifié avant toute taxation, limitant l’impôt à quatre catégories territoriales précises. Pour mettre fin aux prélèvements abusifs constatés notamment à Marrakech ou Fès, les gouverneurs disposent de 90 jours pour annuler les dossiers irréguliers et appliquer les récentes décisions judiciaires de remboursement.

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La réforme instaure également une tarification progressive basée sur le niveau d’infrastructure. Les secteurs bien dotés seront taxés entre 15 et 30 DH/m², à l’image d’un terrain industriel tangérois facturé à 25 DH/m². À l’inverse, les zones sous-équipées plafonneront à 2 DH/m². Côté exonérations, les propriétaires devront désormais fournir des preuves irréfutables de l’usage du terrain, telles qu’une attestation d’activité agricole ou le raccordement aux réseaux publics.

Le traitement administratif des litiges constitue toutefois un point noir. Concernant les remises de pénalités de moins de 50 000 dirhams, la décision relève des directeurs locaux, exposant les petits contribuables à un risque d’arbitraire. Par ailleurs, faute de budget pour rémunérer les architectes et ingénieurs, les commissions d’examen tournent à 30 % de leur capacité, générant des retards de six à dix-huit mois.

L’application de ces nouvelles règles exige aussi une cartographie rigoureuse nécessitant une coordination interservices. Or, près de 80 % des communes rurales manquent d’outils géographiques informatisés et de personnel qualifié pour établir ce diagnostic. Cette carence technique risque de limiter l’effectivité de la réforme aux seules grandes métropoles comme Casablanca et Rabat.

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Bien que le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, réclame une mise en œuvre stricte de ces directives, la réalité inquiète. Sans un véritable soutien technique et financier déployé sur l’ensemble du territoire, cette refonte fiscale risque de rester inopérante dans une grande partie du pays.