Recherche

Latifa Ibn Ziaten explique pourquoi elle met le voile

Latifa Ibn Ziaten

27 octobre 2019 - 09h40 - Société

Française née au Maroc, musulmane, Latifa Ibn Ziaten n’a pas hésité à apporter son soutien à Fatima E., cette mère de famille, accompagnatrice scolaire voilée qui a été prise à partie par Julien Odoul, élu du RN, le 11 octobre au Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté.

Latifa Ibn Ziaten est la mère d’Imad Ibn Ziaten, premier militaire assassiné à Toulouse par le terroriste Mohammed Merah, le 11 mars 2012. Partant de sa propre histoire, elle a dû ressentir toute l’amertume de Fatima E. qui a été humiliée en présence de son fils.

"Quand j’ai vu la vidéo la première fois, j’ai été choquée, comme tout le monde, confie-t-elle au journal Le monde. J’ai immédiatement pensé à cet enfant qui était venu, probablement pour la première fois de sa vie, découvrir un hémicycle d’élus régionaux et faire l’expérience de la République française. J’imagine qu’il était fier que sa maman puisse l’accompagner avec sa classe. Que va-t-il garder de ce moment ? Très probablement une souffrance pour toute sa vie, car on n’humilie pas une mère de famille devant son enfant sans conséquence".

Ainsi s’est exprimée Latifa Ibn Ziaten qui a fait observer : "Cette scène a eu une résonance particulière pour moi".

En effet, alors qu’elle était invitée à parler de laïcité à l’Assemblée nationale devant un groupe de députés, le 8 décembre 2015, elle remarque une certaine gêne dans le regard des députés, quelques minutes après avoir démarré son exposé.

"Je leur demande si c’est à cause de mon foulard ? Et là, une moitié répond oui et une autre, non. Je leur explique que je porte ce foulard depuis le décès de mon fils, en signe de deuil, qu’il n’a rien à voir avec un voile islamique. Je suis Française, née au Maroc, de religion musulmane, mais je n’ai jamais porté le voile", relate Latifa.

Au moment de quitter l’Assemblée, Latifa se rappelle avoir été agressée par deux hommes qui lui ont crié dessus, lui notifiant qu’elle était "la honte de la France", et n’avait "pas le droit de parler de laïcité avec un voile sur la tête. Je m’en souviens comme si c’était hier. Ils avaient quasiment la bave aux lèvres. Sans mon officier de sécurité, je crois qu’ils m’auraient frappée", se rappelle Latifa.

A Fatima E., elle dit : " vouloir lui exprimer ma solidarité et lui rappeler que le comportement de ce Julien Odoul, ce n’est pas la République, ce n’est pas la France. Qu’il ne faut pas prendre ce monsieur au sérieux".

Bladi.net

Bladi.net - 2019 - Archives - A Propos - Contact