Le Maroc exporte ses infirmiers

- 11h54 - Maroc - Ecrit par :

La Santé publique souffre d’un déficit en infirmiers, qui s’élève, selon les estimations officielles, à 9.000 personnes. Il devrait s’aggraver avec les départs volontaires. Paradoxalement, le Maroc s’offre même le « luxe » d’exporter, par centaines, ses infirmiers chaque année. Même si les instituts forment suffisamment de lauréats, le marché ne peut absorber la totalité des jeunes praticiens qui sortent du système éducatif.

La capacité financière du public est limitée par l’« absence des postes budgétaires ». Pour l’année en cours, le quota des postes budgétaires de la Santé était fixé à 1.300. Trop petit au regard de la pression des besoins. Et les cliniques privées ? Elles ne peuvent se permettre d’avoir un important contingent du personnel permanent et de toute façon, elles profitent déjà de la « mobilité » des agents du public.

L’excédent qui reste sur le marché doit donc se chercher des débouchés ailleurs « même si nos besoins sont énormes », concède un responsable au ministère de la Santé. Ceux qui justifient d’une expérience choisissent d’émigrer, profitant de l’appel d’air international pour les professions paramédicales. L’Espagne à côté, la France et surtout la Nouvelle-Zélande et l’Australie ont clairement indiqué leur besoin d’infirmiers.

La formation infirmière est assurée par une centaine de centres, répartis sur l’ensemble du territoire. Peu de gens savent que c’est le secteur privé qui forme la majorité des infirmiers qui exercent au Maroc. Au total, l’administration recense 82 établissements privés (dont 66 agréés par la Formation professionnelle et 16 par l’Enseignement supérieur).

La possibilité des débouchés à l’international explique en partie l’engouement actuel des promoteurs privés pour la formation paramédicale. Rien qu’à Casablanca, au moins 4 écoles devraient ouvrir cette rentrée. La filière des « soins infirmiers » est l’une des rares qui échappe à la querelle des équivalences pédagogiques et administratives parce qu’en amont, le cahier des charges auquel sont soumises les écoles est draconien.

Les instituts du secteur public sont au nombre de 21, dont le tiers inauguré l’année dernière à Al Hoceïma, Errachidia, Essaouira, Nador, Ouarzazate, Tanger et Tiznit. Avant 2004, sur la carte scolaire de la formation d’infirmiers figuraient Casablanca, Rabat, Fès, Marrakech, Laâyoune, Safi, Meknès, Oujda, Agadir, Taza, Tétouan, Settat, Béni Mellal et Kénitra.

Le cursus offert dans ces établissements comprend trois cycles de formation. Le premier, -d’une durée de 3 ans, est ouvert aux bacheliers et accessible par concours-, comprend jusqu’à seize spécialités : infirmier polyvalent, sage-femme, anesthésie et réanimation, psychiatrie, radiologie, laboratoire, hygiène de milieu, kinésithérapeute, orthoptie, orthoprothésiste, orthophoniste, diététique, assistante sociale, psychomotricité et préparation en pharmacie. La maintenance biomédicale viendra enrichir ce portefeuille dès cette rentrée grâce à un partenariat entre le ministère de la Santé, le secrétariat d’Etat de la Formation professionnelle et l’OFPPT. Elle démarre avec 25 étudiants.

Le deuxième cycle, quant à lui, est ouvert aux lauréats du 1er cycle de trois ans. Les candidats qui réussissent le concours et l’entretien poursuivent un cursus de deux ans soit dans l’« enseignement paramédical » (formation des formateurs), soit dans la « surveillance des services de santé ».

Le 3e cycle permet d’avoir une maîtrise en gestion des soins infirmiers. Cette formation a été lancée l’année dernière dans le cadre d’un partenariat entre le ministère de la Santé et la Faculté des Sciences infirmières de l’Université de Montréal avec une promotion de 14 étudiants. L’objectif est de « rehausser le niveau de l’encadrement et améliorer le niveau des infirmiers ».

Dans le cadre de la réforme de l’enseignement supérieur et de la formation des cadres, une commission a été chargée de réfléchir sur l’adaptation du dispositif de la formation paramédicale. Les conclusions de ses travaux ont été remises au ministre. Elles portent notamment sur la diversification de carrières, le décloisonnement entre les écoles, l’ouverture sur les autres établissements de formation, le développement des pôles d’excellence et l’adaptation des profils par rapport au marché de l’emploi.

Nadia Dref - L’Economiste

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