Le Maroc regagne du terrain dans la production textile

- 12h11 - Maroc - Ecrit par : Bladi.net

« LE premier choc a été très dur avec une chute d’activité de 30%. Mais aujourd’hui la perte n’est plus que de 7 à 8%. » Un après la levée des quotas textiles, Mohamed Sajid, maire de Casablanca, peut respirer. « Ce que nous avons perdu d’un côté, nous l’avons récupéré de l’autre », a-t-il confié il y a une dizaine de jours lors d’un forum à Skhirat, à une vingtaine de kilomètres de Rabat.

La bataille semblait pourtant perdue. Le déficit commercial du Maroc s’est creusé de 22,3% en 2005, à 7,71 milliards d’euros, en raison de la facture pétrolière et du recul des exportations de textile. Le salaire d’une ouvrière de confection dans le Maghreb est d’environ 200 euros par mois, contre 20 à 25 euros en Chine.

De grands donneurs d’ordres comme Décathlon ou Zara ont quitté, au moins partiellement, le pays pour la Chine. Mais le pire a pu être évité grâce au blocage des produits textiles chinois par l’Union européenne à la rentrée dernière. La flambée du prix du pétrole a aussi contribué à freiner les importations en provenance de pays lointains. Enfin, l’entrée en vigueur le 1er janvier dernier de l’accord de libre-échange entre le Maroc et les Etats-Unis a commencé à produire ses effets.

Investissements records

« On n’a jamais reçu autant d’investissements que depuis cet accord avec les Etats-Unis », s’est félicité Jamal Eddine el-Jamali, directeur de la production industrielle au ministère marocain de l’Industrie et du Commerce. Cet accord n’est pourtant pas un cadeau des Etats-Unis. Les exportations textiles marocaines ne peuvent bénéficier d’un accès libre au marché américain que si elles ne contiennent que des fils, des fibres ou des tissus américains ou marocains. Cela limite l’intérêt d’un fabriquant d’un pays tiers de se servir du Maroc comme d’une plate-forme de réexportation vers les Etats-Unis.

Mais certains investisseurs étrangers ont compris l’intérêt du dispositif. L’américain Fruit of the Loom (FOL) va investir à Skhirat 160 millions de dollars dans une usine qui devrait embaucher 1 150 salariés. « La proximité avec l’Europe et l’accord de libre-échange conclu avec les Etats-Unis ont incité le groupe à délocaliser un segment de sa production de la Chine vers le Maroc », a expliqué Brian Kennedy, patron de la filiale marocaine du groupe américain en annonçant cet investissement en mai dernier. Les mêmes raisons ont incité le groupe textile italien Legler à investir 87 millions de dollars au même endroit dans une usine qui créera 800 emplois. L’espagnol Tavex a également décidé d’investir 73,5 millions de dollars au Maroc.

Au total, ces trois groupes vont dépenser 300 millions d’euros sur trois ans. Ils pourraient contribuer à créer près de 2 500 emplois dans un secteur qui est non seulement le premier exportateur du pays mais aussi son premier employeur. Sur les 467 000 salariés marocains, 220 000 travaillaient dans le textile en 2003. Mais nul ne sait combien ils sont encore aujourd’hui et encore moins combien ils seront dans les prochaines années.

Georges Quioc - Le Figaro

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