Les grossistes chinois débarquent à Casablanca

- 08h00 - Maroc - Ecrit par :

Au coeur du marché de gros de Casablanca, où s’approvisionnent la plupart des commerces du Maroc, l’installation de grossistes chinois inquiète certains hommes d’affaires qui y voient une menace pour l’économie marocaine.

Centre chinois de commerce de gros", peut-on lire en chinois, en français et en arabe, sur un grand panneau bleu en plein Derb Omar, dans l’ancienne rue Auvert rebaptisée Mohamed Lekrik.
Chaque magasin y est tenu par plusieurs Chinois, assistés par des employés marocains. Alertes et omniprésents, des vigiles casablancais, chemise blanche et pantalon noir, surveillent de très près les mouvements des clients.
Lin Xue Yun, Chinoise de 32 ans, gère l’un de ces magasins où elle propose miroirs, souliers et sandales, échiquiers et divers jouets électroniques.
"Je ne parle pas anglais, pas bien le français, et l’arabe est difficile", dit-elle à l’AFP, définissant ainsi la principale difficulté de ses compatriotes à Casablanca.
"Cela fait seulement quatre mois que je suis ici. J’ai un fils de 11 ans que j’ai laissé en Chine, dans la province de Fujian", assure-t-elle.
C’est de cette province du sud-est de la Chine que viennent la plupart des grossistes chinois présents au Derb Omar - où ils sont installés depuis peu.
"Attention, les Chinois débarquent !", a titré, le 15 septembre, le quotidien Aujourd’hui Le Maroc en affirmant qu’"une armée de commerçants chinois (estimés à 1.200 personnes) écume depuis quelques mois les grandes villes et les villages" du royaume. Ce journal a appelé les autorités à procéder à des "analyses sérieuses" de ce "phénomène".
"Le commerce à Casa est bon", dit dans un anglais hésitant Yen Tieh, 39 ans, arrivé au Maroc il y a six mois. Quatre Chinois sont en discussion animée dans son magasin. "Ce sont tous mes frères !", proclame-t-il en les désignant de la main, suscitant un rire général.
Ghita, une employée de 21 ans dans un magasin chinois de Derb Omar, se dit contente d’y travailler. "Nous vendons des sandales, des cadres pour tableaux de peinture ou grands portraits photo ainsi que de petits objets-cadeaux", dit-elle en se déclarant "très satisfaite - Al hamdou lillah (Que Dieu soit remercié)", du salaire que lui verse sa "patronne".
A 400 mètres du centre commercial chinois, Nadia, la cinquantaine, vérifie une facture sur son comptoir et grommelle contre ces Asiatiques "qui ont détruit l’économie et l’emploi" à Casablanca. "Le produit pour lequel je paie, moi, 25 dirhams de douane, ils le vendent à 10 dirhams. Ils ont pu écouler des sandales à seulement 18 dirhams (1,6 euro)", assure-t-elle.
"Leurs produits sont de très mauvaise qualité", affirme en outre Nadia, soulignant que certains commerçants chinois font "le porte-à-porte, valise à la main".
"Je les ai vu décharger eux-mêmes leur container au port de Casablanca, alors que laisseront-ils aux pauvres, ces Chinois ?", s’indigne Salah, un ouvrier de Derb Omar.
Pour l’Association marocaine des importateurs de jouets (AMIJ), les commerçants chinois recourent à "des pratiques déloyales et anticoncurrentielles". Dans un récent communiqué, elle a affirmé vouloir "tirer la sonnette d’alarme".
Cette attitude n’est pas partagée par Fatima Lmoussi, gérante d’un grand magasin de jouets et de vêtements au Derb Omar. "Le commerce est libre. L’arrivée des Chinois est même positive car ça crée une dynamique commerciale", ajoute-t-elle.
"Ils sont vraiment droits, sympathiques, extrêmement polis et paient très bien les Marocains qu’ils emploient", estime un chauffeur de taxi en se réjouissant de la récente ouverture d’un nouveau centre commercial chinois à
Casablanca.

AFP

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