Le Luxembourg s’interroge sur son immigration

- 14h30 - Monde - Ecrit par : S.A

Anna Maria Mayda, économiste et professeure à Georgetown University, évoque l’importance de l’immigration au Luxembourg.

Aux yeux d’Anna Maria Mayda, les migrants qui viennent au Luxembourg sont hautement qualifiés, et il est donc probable qu’ils contribuent davantage que la moyenne en termes par habitant. Ce qui permettrait, selon elle, aux gouvernements locaux de dépenser plus par habitant. L’économiste reste toutefois prudente sur le cas du Grand-Duché. « Je ne veux pas trop extrapoler », rappelle-t-elle. L’universitaire souligne qu’il s’agit d’un cas rare, difficilement généralisable à d’autres pays.

Au Luxembourg, on observe une double immigration ( avec 47,3% de résidents étrangers) : une immigration peu ou pas qualifiée, en provenance de pays du Sud comme le Portugal ou l’ex-Yougoslavie, et une immigration très qualifiée, issue de pays comme la France, l’Allemagne ou la Belgique. L’époque où le pourcentage de migrants diplômés du supérieur (44,2%) est resté inférieur à celui des migrants non diplômés du supérieur (55,8%) est révolue. On remarque de plus en plus une immigration qualifiée.

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« Les écarts entre résidents luxembourgeois et étrangers ont eu tendance à se creuser : chez les Luxembourgeois, la part des titulaires d’un Master et plus est passée de 11,0 à 15,3% entre 2011 et 2021, soit une croissance de 4,3 points ; quant aux étrangers, en passant de 21,5 à 28,3%, le gain est de 6,8 points », expliquait l’Institut national de la statistique et des études économiques (Statec) dans une étude publiée le 6 octobre 2024. L’individu diplômé a la chance de gagner un salaire élevé.S’il gagne un salaire élevé, il va payer plus d’impôts, élargissant ainsi l’assiette fiscale locale et permettant aux communes, à taux d’imposition égal, de percevoir davantage de recettes.

« Ce que j’attendrais dans le cas du Luxembourg, c’est que l’arrivée d’immigrants très qualifiés augmente probablement les recettes et les dépenses par habitant au niveau local », résume l’économiste. « En d’autres termes, dans un pays où les dépenses publiques sont nombreuses et où la cohésion sociale repose sur des services de qualité, une immigration qualifiée peut renforcer les capacités d’investissement des collectivités : infrastructures, éducation, services sociaux », commente Paperjam.lu.

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Malgré cette démonstration, l’idée selon laquelle l’immigration pourrait ruiner les finances publiques locales émerge. L’impact fiscal des migrants dépend principalement de deux facteurs : le niveau de qualification des migrants et les règles fiscales en vigueur sur le territoire d’accueil, conclut l’étude « The Fiscal Impact of Immigration », menée par la chercheuse avec le Luxembourg Institute of Socio-Economic Research (Liser).

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