Madrid refusait de révéler le taux de son prêt au Maroc : il est de 0,5 %
L’Espagne a accordé au Maroc un crédit de 754,3 millions d’euros pour financer l’achat de trains. En mars 2025, Madrid refusait d’en communiquer le taux, invoquant ses relations diplomatiques. Un document officiel du Trésor espagnol révèle pourtant des conditions particulièrement avantageuses : 0,5 % sur 30 ans.
Tout commence le 2 mars 2025. Un citoyen espagnol demande au ministère de l’Économie de lui communiquer le taux d’intérêt du prêt accordé quelques semaines auparavant à l’Office national des chemins de fer (ONCF). Ce financement, approuvé le 11 février, doit permettre au Maroc d’acquérir jusqu’à 40 trains interurbains.
La réponse arrive le 21 mars : refus. Dans les documents publiés par le Conseil espagnol de la transparence, le ministère justifie sa décision par le risque de porter préjudice aux relations extérieures de l’Espagne, particulièrement dans le domaine commercial et financier.
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L’administration considère ce taux comme une donnée sensible, dont la divulgation pourrait compliquer les négociations de futurs accords de crédit avec d’autres pays. Le demandeur conteste cette position et saisit le Conseil de la transparence le 9 avril.
Un taux de 0,5 % déjà publié par le Trésor
Le dossier prend une tournure inattendue le 9 mai. Dans sa réponse au Conseil, le ministère reconnaît que le Trésor public espagnol publie chaque trimestre les caractéristiques des crédits accordés à des emprunteurs publics étrangers, y compris leurs taux d’intérêt. Il transmet alors l’adresse de cette publication.
Le tableau officiel du premier trimestre 2025 donne les conditions exactes du financement marocain : 754 302 566 euros, un taux d’intérêt de 0,50 %, une durée de remboursement de 30 ans et cinq années de différé. L’ONCF est désigné comme emprunteur, avec la garantie du Royaume du Maroc.
Le crédit relève du Fonds espagnol pour l’internationalisation des entreprises (FIEM). Il est destiné à financer des trains fournis par le constructeur espagnol CAF, dans le cadre du vaste programme de renouvellement du matériel ferroviaire marocain. Ce marché avait notamment fait l’objet de discussions sur les délais de livraison des rames espagnoles.
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Après avoir obtenu le lien vers les informations qu’il réclamait, le demandeur retire son recours le 16 mai 2025. Trois jours plus tard, le Conseil de la transparence classe définitivement le dossier, sans avoir à trancher sur la légalité du refus initial du ministère.