Le Maroc ajoute 38 milliards de DH à son plan ferroviaire, mais il faut trouver l’argent
Le Maroc voit encore plus grand pour son réseau ferroviaire. Son programme d’investissement atteint désormais 134 milliards de dirhams à l’horizon 2030, contre 96 milliards auparavant. Pour accompagner cette montée en puissance, Rabat sollicite les banques internationales et cherche de nouvelles sources de financement.
Trente-huit milliards de dirhams supplémentaires, soit près de 40 % d’augmentation. Le Maroc vient de porter son programme ferroviaire à 134 milliards de dirhams, contre 96 milliards lors de son lancement en avril 2025. Le ministre du Transport, Abdessamad Kayouh, a annoncé cette nouvelle enveloppe mercredi 14 octobre, lors d’un forum international organisé à Rabat. Le montant comprend le programme initial et des investissements complémentaires.
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Jusqu’ici, le programme de 96 milliards de dirhams se répartissait en trois grandes enveloppes : 53 milliards pour les infrastructures et équipements de la nouvelle ligne à grande vitesse Kénitra-Marrakech, 29 milliards pour l’acquisition de 168 trains et 14 milliards consacrés notamment à la modernisation du réseau existant.
L’ambition dépasse désormais ces premiers chantiers. Le programme élargi intègre le raccordement ferroviaire du futur port Nador West Med, le développement des trains de proximité dans les grandes agglomérations et la poursuite de la modernisation des lignes. Le prolongement de la LGV jusqu’à Marrakech reste au cœur du dispositif. Le ministère n’a toutefois pas détaillé la répartition des 38 milliards supplémentaires entre ces différentes opérations.
Le Maroc cherche de nouveaux financements à l’étranger
Reste à trouver les capitaux nécessaires. Selon le média économique international EnterpriseAM, publié vendredi 16 octobre, les autorités marocaines se tournent vers les banques de développement pour obtenir des prêts adaptés aux longues durées d’amortissement des infrastructures ferroviaires.
Le ministre réclame également des mécanismes de garantie capables d’attirer les investisseurs privés. Mohamed Rabie Khlie, directeur général de l’Office national des chemins de fer (ONCF), a souligné que les budgets publics ne pouvaient plus supporter seuls de tels investissements. Cette recherche de financements intervient alors que la dette financière consolidée de l’ONCF atteignait déjà 49 milliards de dirhams à fin juin 2026.
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Un premier financement international important a déjà été conclu. Le 17 septembre, la Banque africaine de développement a signé avec le Maroc un accord de prêt de 205 millions d’euros. Cet argent doit servir à renforcer le corridor Kénitra-Marrakech, notamment par l’extension de la grande vitesse et l’amélioration des infrastructures existantes.
À Rabat, les discussions ont aussi porté sur les partenariats public-privé, les financements combinant fonds publics et privés et les obligations vertes. Les participants ont adopté une déclaration en ce sens à la clôture du forum, jeudi 15 octobre.