Maroc : une année noire pour l’automobile, mais un rebond en 2026
Avec des exportations en baisse, l’année 2025 a été très difficile pour l’automobile, a reconnu Ryad Mezzour, le ministre de l’Industrie et du commerce, soulignant que le secteur devrait rebondir en 2026 grâce à la confiance des investisseurs et à l’augmentation de la capacité de production.
« Je ne vais pas vous mentir, 2025 a été très très difficile. Nous avons commencé l’année avec des chiffres très modestes pour l’industrie automobile. Franchement, les trois ou quatre premiers mois, les résultats étaient vraiment faibles », a déclaré Mezzour, lors de sa présentation du projet sectoriel du ministère au Parlement. Cette régression était due au changement de la demande européenne vers les véhicules électriques et à des pertes de parts de marché pour le segment des moteurs thermiques. En réalité, le problème était plus structurel que conjoncturel, fait observer Médias24.
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A cela s’ajoutent les problèmes de moteur rencontrés par une marque produite au Maroc, ainsi que la concurrence féroce des voitures électriques chinoises qui ont inondé le marché européen. « Nous avions un modèle produit au Maroc, à raison de 180 000 à 190 000 unités par an, qui a rencontré des problèmes de moteur […]. Ses ventes ont fortement chuté en Europe, parallèlement à une baisse générale des ventes automobiles sur le continent et à une concurrence accrue de la Chine. Nous étions dans une situation plutôt inconfortable », souligne le ministre.
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Et de poursuivre : « Nous avons redressé la situation : nous avons apporté des améliorations, travaillé dur et ajusté plusieurs aspects, à la fois avec nos constructeurs et sur les marchés. Aujourd’hui, nous sommes revenus à un niveau équivalent à celui de l’an dernier. Et ce qui est le plus important pour l’industrie automobile, c’est que nous avons retrouvé l’équilibre par rapport à 2024, avec une légère baisse de 2,7 % ». De même, les exportations automobiles accusent un repli de 2,7 % à fin septembre 2025, selon les données de l’Office des changes. Le segment de la construction, lui, a enregistré une baisse de 14,6 %.
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En termes de perspectives, Ryad Mezzour s’attend à une stagnation des exportations d’ici la fin de l’année. « Nous terminerons donc l’année à peu près au même niveau. Mais en même temps, et c’est ce qui compte le plus, les investisseurs présents dans notre pays ont renouvelé leur confiance dans la plateforme industrielle marocaine », a-t-il affirmé, avant d’ajouter : « Je peux le dire avec fierté, le Maroc dispose désormais d’une plateforme industrielle automobile dotée d’une capacité de production d’un million de véhicules par an ».
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Le membre du gouvernement a également mis en avant l’essor de l’industrie marocaine. « Nous avons d’ailleurs vu apparaître, pour le constructeur ayant connu des problèmes de moteur, deux nouveaux modèles qui seront produits à Kénitra, des modèles haut de gamme qui devraient connaître un fort succès commercial. Dans le même temps, l’autre constructeur a établi avec nous un plan d’action allant jusqu’en 2030. Ce plan nous permettra de transformer la totalité de sa capacité de production, soit 500 000 véhicules par an, afin qu’il puisse fabriquer des voitures électriques, hybrides et thermiques sur une même ligne de production… Nous pourrons aussi diversifier nos marchés et réduire notre dépendance à certains d’entre eux. Nous verrons, dès l’année prochaine, les effets positifs sur les performances du secteur automobile. »