Tesla, BYD, Neo : comment la production locale et les usines de batteries boostent l’électrique au Maroc
Le marché marocain des véhicules électriques connaît une accélération spectaculaire. Une nouvelle étude de BMI-Fitch Solutions prévoit une croissance des ventes de 80,4 % pour l’année 2025, soutenue par une production locale en plein essor, l’arrivée de nouveaux constructeurs et des incitations gouvernementales fortes.
Les prévisions indiquent que les ventes de véhicules électriques passagers (100 % électriques BEV et hybrides rechargeables PHEV) devraient atteindre 5 311 unités en 2025, portant leur part de marché à 2,6 %. Cette dynamique fait suite à une année 2024 déjà marquée par un bond de 143 % des ventes de BEV. À plus long terme, l’étude anticipe une croissance annuelle moyenne de 36,2 % jusqu’en 2034, pour atteindre un volume de 57 258 unités vendues cette année-là, indique Le Matin.
Cette croissance est portée par l’émergence d’une offre locale. La marque marocaine Neo Motors a dévoilé en octobre 2025 son premier véhicule électrique, le Dial-E, avec un lancement de production prévu en janvier 2026. L’arrivée de Tesla a également été confirmée en juin 2025, avec un projet d’unité d’assemblage à Kénitra. Les marques chinoises, comme BYD (leader des PHEV en 2024) et Zeekr, renforcent également leur présence.
Le Maroc devient un hub de production de batteries
Le gouvernement soutient cette adoption avec une exemption totale de TVA, une réduction des droits de douane et des primes à l’achat. Mais la véritable transformation du secteur réside dans l’industrialisation de l’ensemble de la chaîne de valeur. Renault a annoncé en octobre 2025 une nouvelle phase d’investissement incluant une ligne de production de véhicules électriques et un centre de R&D.
Parallèlement, le Maroc attire des investissements massifs dans la production de batteries. Le géant chinois Gotion High Tech a investi des milliards de dollars pour établir deux gigafactories. D’autres fournisseurs majeurs, comme Tinci Materials et BTR New Material Group, construisent également des usines de composants (électrolytes, cathodes) à Jorf Lasfar.
Si le développement de la production locale devrait sécuriser la chaîne d’approvisionnement, le rapport de BMI souligne que l’extension rapide du réseau de recharge (1 000 points fin 2024) restera indispensable pour accompagner la croissance d’un parc de véhicules électriques qui pourrait dépasser 236 000 unités d’ici 2034.