Le Maroc attire les géants de l’hydrogène vert, mais aucun de ses huit grands projets étudiés n’est encore en chantier
Le Maroc a sélectionné de grands investisseurs et réservé des terrains pour développer l’hydrogène vert. Une étude allemande consacrée à huit projets majeurs constate que leur réalisation n’a toujours pas commencé. Elle détaille les prochaines étapes, de l’investissement aux besoins en eau.
Chbika 1, White Dunes, Ornx : derrière ces noms figurent des projets marocains soutenus par de grands groupes internationaux. Pourtant, aucun des huit programmes recensés n’a encore atteint la phase de réalisation, constate une étude du German Institute of Development and Sustainability (IDOS) publiée en octobre 2026.
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Le chercheur Tobias Zumbraegel s’appuie sur des documents officiels, des publications et des entretiens réalisés notamment au Maroc. Son inventaire comprend des projets de production d’hydrogène ou d’ammoniac vert, ainsi que des installations de stockage liées à cette filière.
Il cite MELHY, destiné au stockage souterrain près de Mohammedia, White Dunes à Dakhla, Chbika 1 porté par TotalEnergies, Ornx, Taqa-Cepsa, Nareva, ACWA Power et un consortium réunissant UEG et China Three Gorges. Les emplacements de trois projets ne sont pas encore officiellement précisés.
Des terrains réservés, des chantiers encore à lancer
Le Maroc a franchi plusieurs étapes administratives. Après la sélection de projets en mars 2025, les investisseurs ont engagé des démarches foncières et des études durant 2025 et 2026. L’auteur classe toujours ces avancées dans la préparation, avant la construction puis l’exploitation industrielles.
En juin 2026, le ministère marocain de l’Investissement annonçait la validation de premiers résultats d’études pour Ornx et Taqa-Moeve, désigné Taqa-Cepsa dans le rapport. Des comités de suivi accompagnent leur développement.
Le chercheur relève d’autres défis : coordination entre administrations, règles de sécurité propres à l’hydrogène et besoins en eau dans des régions déjà confrontées au stress hydrique. Des usines de dessalement dédiées sont envisagées pour alimenter les futurs sites.
Les prochaines étapes passeront par la sécurisation des investissements, les autorisations et le lancement des travaux. Le rapport décrit une filière aux partenaires identifiés, dont les huit projets étudiés restent à concrétiser.