Le Maroc attire presque deux fois plus de touristes que l’Afrique du Sud, qui cherche désormais à réagir

- 09h00 - Monde - Ecrit par : Sébastien A.

Le succès touristique du Maroc pousse les professionnels sud-africains à revoir leur stratégie. Sécurité, liaisons aériennes, promotion : le patron du Tourism Business Council of South Africa pointe les difficultés qui empêchent son pays de reconquérir certains marchés.

« La stratégie que nous avions sur ces deux marchés n’a pas fonctionné », reconnaît Tshifhiwa Tshivhengwa à propos de la Chine et de l’Inde. Interrogé sur CapeTalk, dans un entretien repris le 2 octobre par Eyewitness News, le dirigeant appelle à revoir les méthodes employées pour attirer ces voyageurs.

Sur Bladi.net : L’Algérie vise 8 millions de touristes en 2029, le Maroc en est déjà à 14,1 millions en 8 mois

Son diagnostic distingue deux obstacles. Pour les touristes chinois, les inquiétudes liées à la sécurité constituent, selon lui, le principal frein. Du côté indien, il souligne l’absence de liaison aérienne directe avec l’Afrique du Sud. Il demande donc davantage de coopération avec les compagnies aériennes et les professionnels qui commercialisent la destination.

Ces difficultés persistent malgré la reprise du tourisme sud-africain. Selon Stats SA, le pays a accueilli 10,5 millions de touristes en 2025, soit 17,7 % de plus qu’en 2024. Il dépasse même légèrement son niveau de 2019. Mais les pays voisins d’Afrique australe représentent encore les trois quarts de ses arrivées.

Le Maroc, lui, a atteint 19,8 millions de visiteurs en 2025. L’écart entre les deux destinations dépasse ainsi neuf millions d’arrivées. Le royaume avait fixé un objectif de 17,5 millions pour 2026 : il l’a dépassé avec un an d’avance.

L’avantage marocain se joue aussi dans les airs

La distance pèse également dans cette concurrence. Tshifhengwa souligne que le carburant cher et le coût des billets pénalisent les voyages vers l’Afrique du Sud, tandis que le Maroc et la Tunisie bénéficient de leur proximité avec l’Europe.

Le Maroc travaille parallèlement sur son offre. L’OCDE décrit une feuille de route associant amélioration de l’hébergement, développement des activités touristiques et formation des professionnels. Des programmes accompagnent aussi les entreprises dans leur commercialisation et leur accès aux marchés.

Cette progression se retrouve dans les recettes : elles ont atteint 138,1 milliards de dirhams en 2025, contre 114,5 milliards l’année précédente. La France et l’Espagne restent les deux premiers marchés du royaume, devant le Royaume-Uni.

Sur Bladi.net : Maroc : les MRE gonflent les arrivées, mais pas les dépenses

Pour le représentant des professionnels sud-africains, la réponse passe par une promotion mieux ciblée et des partenariats commerciaux plus efficaces. Il refuse d’attribuer les difficultés à la seule géopolitique : les arrivées américaines continuent de progresser. C’est donc sur la sécurité et l’accès à la destination qu’il demande de concentrer les efforts.