Au Maroc vivent 25.000 chrétiens parmi 30 millions de musulmans

- 11h20 - Maroc - Ecrit par : L.A

Rabat, place du Golan, une majestueuse construction élance ses deux tours en forme de minarets dans le ciel. La cathédrale Saint Pierre de Rabat domine tous les édifices de ce quartier chic qui abrite la « Tour Hassan », le mausolée où reposent les Rois Mohammed V et Hassan II.

Quelle ostentation dans un pays où les chrétiens sont pourtant minoritaires ! Mais cette exubérance n’a rien de provocant, car en contemplant cette belle église, on se rend compte, que son architecture est un savant mélange islamo-chrétien, un mariage entre l’art gothique et l’art musulman. Les deux tourelles qui ressemblent à des minarets, ne sont en fait que les deux clochers de la cathédrale. A l’intérieur, le même brassage culturel est perceptible : l’artisanat marocain a offert ce qu’il a de plus beau, de plus riche : meubles, tapisseries, faïence, vitraux et que sais- je encore, pour décorer la nef, l’autel, les fonts baptismaux et autres compartiments du lieu de culte.

Le samedi 8 septembre, il était 9 heures du matin, la porte principale de la cathédrale qui donne directement sur la rue, est fermée comme d’habitude. Seuls les habitués savent que pour accéder à l’intérieur, il faut emprunter l’une des deux petites portes latérales. C’était le jour du grand nettoyage. Youssef, le boy commis à cette tâche, passait et repassait la serpillière mouillée sur le sol carrelé avec un zèle d’apôtre. Ceux qui le voyaient à l’œuvre pour la première fois, pouvaient facilement penser, qu’à travers cette débauche d’énergie, il voulait traduire toute sa foi et sa dévotion à l’Etre suprême. Mais ce jeune homme affable, est Marocain et bon musulman . « Je travaille depuis longtemps avec les prêtres et la cohabitation est bonne, car eux et moi, nous adorons le même Dieu », affirme t- il, avant de m’inviter avec insistance, à entrer au presbytère pour saluer les Pères Antoine et Nymphas Eyébiyi. Le premier est Français et le second, Béninois. Un troisième, l’abbé Akhmel, un Ivoirien, devait les rejoindre incessamment. C’est le père Nymphas qui dira la deuxième messe du dimanche, celle de 11 heures.

Ce jour, la grand-messe a drainé un beau petit monde composé uniquement de ressortissants étrangers, notamment des Occidentaux, mais surtout de nombreux Africains noirs. (diplomates, étudiants, élèves). Ce sont d’ailleurs ces derniers qui sont les plus actifs de la communauté. Ils forment le chœur, le groupe liturgique et l’équipe de catéchèse. A la sortie du culte qui n’a duré qu’une petite heure, c’est la joie des retrouvailles hebdomadaires. Sur le parvis, prêtres et fidèles échangent pendant quelques minutes, avant de se séparer. Les nouveaux venus sur la paroisse sont aussitôt détectés et entourés de toute l’attention qu’ils méritent. On demande évidemment d’où ils viennent et surtout s’ils comptent s’intégrer à la petite communauté. La présence de l’Eglise au Maroc devant être discrète, le clergé s’interdit tout prosélytisme pour respecter les lois et les convictions de ce pays musulman. Les seules ‘’ brebis’’ à paître ici, ne peuvent être que celles qui viennent de loin.

Une Eglise dynamique dans un pays tolérant

Au Maroc, toute la population est officiellement musulmane, à l’exception d’une minorité d’Israélites, (3000 à 4000 fidèles). Les chrétiens sont donc a priori tous étrangers. L’Eglise catholique a été officiellement reconnue au Maroc par une lettre de SEM, le roi Hassan II au Pape Jean- Paul II, datée du 30 décembre 1983. Le royaume compte deux diocèses, ceux de Rabat et de Tanger. Avec les autres Eglises du Maghreb, en l’occurrence celles d’Algérie, de Tunisie et de Libye, ils forment la Conférence Episcopale Régionale du Nord de l’Afrique, (C.E.R.N.A.). En 1950, il y avait 450.000 étrangers au Maroc. Dès la proclamation de l’indépendance, le 2 mars 1956, le nombre de Chrétiens a commencé à diminuer, au rythme des départs des étrangers. Aujourd’hui, le nombre de baptisés se situerait autour de 25.000.

Le 19 août 1982, l’Eglise du Maroc vit un événement historique. Répondant à une invitation du roi Hassan II, le Pape Jean- Paul II passe quelques heures à Casablanca, la capitale économique du royaume. 80.000 jeunes, dont 2000 chrétiens catholiques, ont répondu présent au rendez- vous du stade Mohammed V. A ces derniers, il a rappelé leur rôle de « témoins de l’amour à vivre en monde musulman ». Présente dans une quarantaine de villes du Maroc, l’Eglise catholique a installé des communautés très dynamiques disséminées sur tout le territoire du royaume. Certaines ont une vie contemplative comme les Clarisses à Casablanca, les Sœurs du monastère de la Visitation à Tazert et les Trappistes à Midelt. A défaut d’évangéliser, ces communautés sont appelées à être des modèles par leur manière de vivre avec leur voisinage et sur leur lieu de travail.

L’Eglise du Maroc a également créé des institutions. Discrètes et peu nombreuses, elles sont surtout constituées d’établissements scolaires et d’œuvres caritatives. Le diocèse de Rabat compte 15 écoles maternelles et primaires, dont tous les élèves sont musulmans. On trouve également des bibliothèques dans les principales villes. Le centre de documentation de Rabat, « la Source » doté de 20.000 ouvrages, ouvre ses portes aux universitaires et chercheurs. La « Caritas » est également présente dans le royaume. Le dialogue interreligieux est une réalité au Maroc. Des groupes islamo- chrétiens se rencontrent fréquemment pour discuter dans le respect de la foi de chacun. Outre les catholiques qui sont les plus nombreux, les autres communautés chrétiennes du royaume chérifien sont les protestants, les anglicans et les orthodoxes.

Diocèse de Rabat - Charles D’almeida

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