Le Maroc dépend de deux fournisseurs de diesel qui menacent désormais de fermer le robinet
La crise du diesel touche deux fournisseurs du Maroc : la Russie, qui prolonge ses restrictions à l’exportation, et les États-Unis, qui ont menacé de limiter leurs ventes. Sans raffinerie opérationnelle depuis l’arrêt de la Samir, le royaume dépend des cargaisons disponibles sur le marché international.
Dans une analyse publiée ce 2 octobre par Al Jazeera, l’expert en énergie Yahya Hammad classe le Maroc parmi les pays arabes les plus sensibles à d’éventuelles restrictions américaines. Il souligne sa dépendance aux importations et rappelle que le pays reçoit des carburants provenant aussi bien des États-Unis que de Russie.
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Cette exposition s’est renforcée avec la place prise par Moscou dans les approvisionnements marocains. Au premier semestre 2026, la Russie avait fourni 1,35 million de tonnes de diesel et de gasoil au royaume, sur 4,34 millions de tonnes importées, selon les données de Vortexa rapportées par OPIS. Elle était alors son premier fournisseur.
Or, Moscou vient de prolonger jusqu’au 31 octobre ses restrictions sur les exportations de diesel. Les attaques ukrainiennes contre les raffineries russes ont perturbé la production, poussant les autorités à réserver davantage de carburant au marché intérieur. Le vice-premier ministre Alexandre Novak a néanmoins évoqué ce vendredi un assouplissement partiel si la production dépasse les besoins nationaux, rapporte Reuters.
Le G7 mobilise ses réserves de carburant
La pression russe s’est doublée d’une menace américaine. Confrontée à des prix records du diesel, l’administration Trump envisageait de restreindre les exportations pour augmenter les volumes disponibles aux États-Unis. Une telle décision aurait réduit les possibilités de remplacement des cargaisons russes.
Les discussions ont toutefois abouti ce vendredi à une réponse commune. Le G7 annonce la libération de 100 millions de barils de pétrole et de produits raffinés, avec une importante mise à disposition de diesel dans les vingt premiers jours. Ses membres s’engagent également à ne pas limiter leurs exportations énergétiques entre eux.
Pour les importateurs marocains, ces volumes supplémentaires doivent contribuer à desserrer la concurrence entre acheteurs. Car la difficulté tient aussi au raffinage : disposer de pétrole brut ne suffit pas lorsque les installations capables de le transformer sont endommagées ou que les routes d’expédition sont perturbées.
Cette tension arrive alors que le diesel dépasse déjà les 16 dirhams dans plusieurs stations marocaines. Depuis début juillet, la hausse approche 28 %, soit près de 175 dirhams supplémentaires pour un plein de 50 litres.
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Au-delà des automobilistes, le coût du diesel pèse sur les transporteurs et les agriculteurs. Acheminer des marchandises, faire fonctionner un tracteur ou une pompe d’irrigation devient plus cher lorsque le carburant augmente. C’est par ces dépenses que les tensions sur les cargaisons peuvent ensuite se transmettre aux prix des produits vendus au Maroc.