Le Maroc dérive vers l’Europe

- 11h00 - Maroc - Ecrit par : Bladi.net

Le rapprochement millimétrique entre les plaques tectoniques africaine et eurasienne condamne la mer Méditerranée à disparaître. Ce lent processus géologique va inévitablement finir par souder le continent africain au sud de l’Europe.

Les plaques africaine et eurasienne convergent à un rythme mesuré entre 4 et 6 millimètres par an. Selon les données relayées par la plateforme scientifique Science Direct, cette compression continue entraînera à très long terme la fermeture complète du bassin méditerranéen. Ce mouvement aura pour conséquence finale de fusionner l’Afrique et l’Europe par la façade ouest.

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Ce phénomène se manifeste de manière très précise entre l’Espagne et le nord du Maroc. La zone située sous l’île d’Alborán dérive progressivement vers l’ouest, réduisant la distance entre la chaîne montagneuse des Bétiques et celle du Rif marocain. Cette dynamique de rapprochement n’est cependant pas frontale, mais oblique. C’est cette asymétrie de pression qui contraint actuellement l’ensemble de la péninsule ibérique et le Portugal à opérer une lente rotation.

La complexité de ce basculement s’explique par l’absence de zone de subduction en Méditerranée occidentale. Au lieu de glisser l’une sous l’autre, les plaques dispersent leurs forces de compression à travers la croûte terrestre. Le chercheur Asier Madarieta, directeur de l’étude, souligne ainsi que « la frontière entre les plaques autour de l’océan Atlantique et de l’Algérie est très claire, alors que dans le sud de la péninsule ibérique, elle est beaucoup plus floue et complexe ».

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Pour analyser cette frontière de déformation, les scientifiques ont utilisé des capteurs de géopositionnement, l’étude des récents séismes et les observations satellitaires. Ces relevés démontrent que si l’arc de Gibraltar absorbe les tensions à l’est, la collision pousse directement la péninsule depuis le sud-ouest. L’exercice comporte toutefois une marge d’incertitude due aux outils de mesure des années 1980. Le directeur de l’étude précise à ce titre que « ces données n’offrent qu’une petite fenêtre sur l’évolution géologique ».