Le Maroc durcit (fortement) les règles pour les deux-roues
Face à l’explosion des accidents impliquant les deux-roues, le gouvernement marocain déploie une feuille de route 2025-2030 en rupture totale avec les méthodes traditionnelles. Au programme : dématérialisation intégrale des procédures dès 2026, instauration du contrôle technique pour les motos et durcissement de la répression contre les comportements à risque.
L’approche purement préventive cède la place à une régulation par la donnée et la sanction ciblée. Le gouvernement acte la fin de l’ère papier : procès-verbaux, échanges administratifs et paiement des amendes basculeront vers un système numérique intégré. Cette digitalisation vise à fiabiliser les statistiques, croiser les fichiers en temps réel et généraliser le paiement électronique pour plus de transparence, tout en bloquant les démarches administratives (vente de véhicule, vignette) des contrevenants en situation d’impayés.
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Au cœur de cette stratégie, les deux-roues motorisés font l’objet d’un tour de vis sans précédent. Identifiés comme le point noir de la sécurité routière avec plus de 552 000 infractions recensées en 2024, ils seront désormais soumis à un contrôle technique périodique obligatoire. Les autorités annoncent également une tolérance zéro et des sanctions alourdies contre les modifications techniques illégales des véhicules, une pratique répandue qui aggrave la dangerosité d’un parc en pleine expansion sous l’effet du boom de la livraison.
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Au-delà de la répression, l’État s’attaque aux infrastructures et aux secours. Un programme de traitement des points noirs est lancé, incluant désormais les voiries urbaines, à l’image des 215 millions de dirhams investis à Marrakech-Safi. Le plan « Bus sécurisé » ambitionne quant à lui de rajeunir le parc de transport public en dessous de dix ans d’ici 2026.
Enfin, la réponse sanitaire est renforcée pour optimiser la prise en charge des victimes durant l’heure critique suivant l’accident. Cela passe par la formation de 2 800 professionnels de santé et la modernisation du numéro d’urgence 141. Conscient que la sensibilisation seule a montré ses limites (impact estimé à 8 %), l’exécutif mise sur une gouvernance transversale mobilisant une quinzaine d’institutions pour enrayer l’hécatombe routière.