Le Maroc gagne du terrain en Europe, l’Algérie cherche des alliés à l’Est
Face au soutien croissant dont bénéficie le plan marocain d’autonomie au Sahara auprès des puissances occidentales, l’Algérie renforce ses relations avec des pays proches de Moscou. Dernière étape : la Biélorussie d’Alexandre Loukachenko.
Le ministre algérien des Affaires étrangères Ahmed Attaf s’est rendu à Minsk, où il a été reçu par le président biélorusse Alexandre Loukachenko avant de rencontrer son homologue Maxim Ryzhenkov. Officiellement, Alger et Minsk veulent approfondir leur coopération politique et économique et mettre en œuvre la feuille de route adoptée après la visite de Loukachenko en Algérie en décembre 2025.
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Cette coopération couvre plusieurs secteurs, dont l’industrie, l’agriculture, l’enseignement supérieur, la justice, mais aussi les domaines militaire et technique. Mais derrière cette relation bilatérale, plusieurs observateurs interrogés par Hespress voient surtout une tentative algérienne de trouver de nouveaux relais diplomatiques à mesure que les positions européennes évoluent en faveur de Rabat.
Madrid et Paris ont changé la donne
L’Espagne puis la France ont renforcé ces dernières années leur soutien à l’initiative marocaine d’autonomie. Pour N., coordinatrice de l’Alliance des ONG sahraouies, ces évolutions ont considérablement réduit la marge de manœuvre d’Alger dans les capitales occidentales. Les États-Unis figurent également parmi les puissances citées comme soutiens majeurs de la position marocaine.
Dans ce contexte, l’Algérie chercherait davantage d’appuis auprès de pays situés hors du bloc occidental. La Russie et la Chine occupent déjà une place importante dans cette stratégie. La Biélorussie, étroitement liée à Moscou, viendrait désormais compléter ce dispositif. L’objectif serait notamment de coordonner davantage les positions dans les enceintes internationales où le dossier du Sahara est débattu.
Minsk pourrait aussi offrir à Alger une coopération militaire et technique plus poussée. En retour, l’Algérie pourrait servir de porte d’entrée à la Biélorussie vers certains marchés africains. Selon l’analyse développée par Mina Lagzal, Alger espère également profiter de la proximité entre Minsk et Moscou pour conserver des moyens d’influence sur les discussions internationales concernant le Sahara.
Cette stratégie possède toutefois des limites. La Biélorussie reste sous de lourdes sanctions occidentales et son influence propre au Conseil de sécurité ou au sein de l’Union africaine est réduite. Les échanges commerciaux entre Alger et Minsk demeurent par ailleurs modestes. Autre nuance importante : le rapprochement entre les deux pays avait commencé dès décembre 2025, avant plusieurs des avancées diplomatiques marocaines enregistrées en 2026.
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L’Algérie se retrouve ainsi devant un équilibre délicat. Elle veut consolider ses relations avec le bloc oriental tout en conservant des liens économiques essentiels avec l’Europe, notamment dans l’énergie. Pendant ce temps, Rabat continue de faire du soutien international au plan d’autonomie l’un des principaux axes de sa diplomatie sur le Sahara.