Washington à la manœuvre pour réconcilier le Maroc et l’Algérie

- 08h00 - Monde - Ecrit par : L.A

L’administration américaine déploie d’intenses efforts diplomatiques pour mettre fin à la rupture entre le Maroc et l’Algérie. Cette médiation historique ambitionne de stabiliser la région tout en consolidant l’option de l’autonomie marocaine pour le Sahara.

Un rapport du centre de recherche américain Stimson Center détaille cette forte implication de Washington. L’émissaire spécial américain Steve Witkoff a révélé en octobre 2025 travailler sur un accord de réconciliation, espéré sous soixante jours. Cette dynamique concrète a été amorcée dès juillet 2025 avec le déplacement du conseiller Massad Boulos à Alger, confortant ainsi l’invitation au dialogue fraternel lancée par le Roi Mohammed VI.

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Cette stratégie américaine vise plusieurs objectifs régionaux : sortir l’Algérie de son isolement sahélien, dissiper ses craintes de sanctions liées à l’achat d’armes russes et stimuler l’économie maghrébine. En parallèle, cette démarche s’appuie solidement sur la résolution 2797 du Conseil de sécurité de l’ONU adoptée en octobre 2025. Ce texte consacre le plan d’autonomie marocain comme la base principale et incontournable des négociations.

Face à ces avancées, le front du Polisario se retrouve isolé dans ses camps de Tindouf. Leurs attaques contre des civils à Smara et Mahbès ont profondément alerté la classe politique américaine. Des membres du Congrès et de l’exécutif ont fait remonter des craintes documentées concernant les liens de ce groupe avec des réseaux terroristes régionaux, proposant même des textes de loi pour le classer officiellement comme organisation terroriste étrangère.

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Ces tentatives de pacification se heurtent toutefois à un climat bilatéral explosif alimenté par une vaste course à l’armement. Les budgets militaires de 2025 atteignent 13 milliards de dollars côté marocain contre 25 milliards côté algérien. La rupture s’est encore durcie en septembre 2024 avec l’imposition de visas aux Marocains par Alger, sur fond d’accusations d’espionnage, bloquant pour l’instant toute perspective d’intégration régionale.