Sahara : Le Maroc rejette le modèle « Porto Rico » proposé par le Polisario
L’administration Trump multiplie les médiations secrètes pour résoudre le conflit du Sahara occidental. Malgré trois cycles de négociations intenses entre le Maroc et le Front Polisario, d’importantes divergences sur le degré d’autonomie et le processus électoral freinent tout accord rapide.
Trois cycles de pourparlers confidentiels se sont tenus entre fin janvier et fin février 2026 sous l’égide de Massad Boulos, l’envoyé américain pour l’Afrique. Ces rencontres, organisées à Washington et Madrid, ont réuni les chefs de la diplomatie du Maroc, du Front Polisario, de l’Algérie et de la Mauritanie. Les représentants marocains et sahraouis ne s’étaient pas rencontrés face à face depuis 2019, marquant un succès diplomatique pour la Maison Blanche, écrit Ignacio Cembrero sur Middle East Eye.
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Le président Donald Trump ambitionne de s’imposer comme un artisan de paix sur le continent africain, à l’instar de ses interventions dans d’autres crises mondiales. Washington cherche à valider une solution politique qui satisfasse les revendications marocaines tout en ménageant l’Algérie, soutien historique des indépendantistes. L’objectif initial de l’administration américaine était de parvenir à un règlement définitif d’ici le printemps.
Sahara occidental : le plan d’autonomie marocain au cœur de la médiation américaine
Poussé par les États-Unis à préciser son offre, le Maroc a développé sa proposition initiale de 2007 en un document de 38 pages remis en janvier dernier. Ce projet d’autonomie élargie sous souveraineté marocaine s’appuie sur la résolution 2797 du Conseil de sécurité de l’ONU. Ce texte affirme qu’une autonomie authentique constitue la solution la plus faisable pour clore ce différend vieux de plus de cinquante ans.
Les points de friction institutionnels restent toutefois majeurs entre les deux parties. Rabat prévoit que le futur président de la région soit nommé par le roi, tandis que le Front Polisario réclame un statut d’État librement associé, sur le modèle de Porto Rico, doté de sa propre constitution. Le refus marocain d’intégrer des symboles d’identité sahraouie, tels qu’un drapeau ou un hymne, crispe également les discussions menées à huis clos.
La question du corps électoral chargé de valider l’accord cristallise les tensions. Le Polisario insiste pour que le nouveau statut soit approuvé par un scrutin réservé exclusivement au peuple sahraoui dispersé entre le territoire et les camps. À l’inverse, le Maroc rejette catégoriquement cette option et souhaite que l’autonomie soit entérinée par une réforme constitutionnelle votée par l’ensemble des 37 millions de Marocains.
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Malgré l’urgence affichée par Washington, aucun résultat tangible n’a émergé de la dernière session tenue les 23 et 24 février. Si Massad Boulos affirme que le conflit est « sur la voie de la résolution », il reconnaît désormais que le processus pourrait être plus long que prévu. Aucune date n’a été fixée pour une quatrième réunion, alors que la réconciliation attendue entre le Maroc et l’Algérie demeure au point mort.