Le Maroc, une menace pour l’Espagne ? L’hypothèse d’un conflit analysée

- 20h30 - Espagne - Ecrit par : P. A

Le Maroc serait une menace pour la sécurité de l’Espagne en raison de ses revendications persistantes sur Sebta, Melilla, ainsi que les îles et rochers espagnols. Mais un conflit armé ouvert entre les deux pays n’est pas envisageable, estiment certains analystes.

« Je le dis publiquement, et je suis le seul à le dire, que le Maroc est notre ennemi géopolitique, économique et militaire », déclarait il y a quelques semaines, Alvise Pérez qui a annoncé qu’il se rendrait aux îles Canaries après l’été, en compagnie d’un groupe de hauts gradés de l’armée à la retraite, pour se préparer à toute attaque éventuelle du Maroc. Selon lui, le royaume pourrait avant 2030 « prendre la décision d’envahir les îles Canaries, Ceuta et Melilla de toutes parts ». Cette hypothèse n’est pas fondée, affirment certains analystes auprès de El Confidencial, soutenant que le Maroc n’envisage pas d’envahir « de façon imminente » les îles Canaries ou les villes autonomes de Sebta et Melilla.

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Aucun signe politique, social, militaire ou économique ne permet d’envisager la possibilité d’un conflit ouvert à court terme entre le Maroc et l’Espagne, détaillent les mêmes sources, rappelant que l’Espagne est militairement plus puissante que le Maroc. « Actuellement, le Maroc n’a pas de supériorité militaire sur l’Espagne. Et l’Espagne pourrait répondre à tout type de déficit de capacités qui pourrait survenir au cours de ces années », confirme Guillermo Pulido, analyste militaire et rédacteur en chef de la revue Ejercitos. Selon les données 2023 du Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI), l’Espagne aurait effectué des dépenses militaires de 22 milliards d’euros contre seulement 5 milliards pour le Maroc.

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Le Maroc renforce ses Forces armées depuis une dizaine d’années, avec l’achat d’hélicoptères Apache AH-64E, de chasseurs F-16 Viper Block 72, de systèmes anti-aérien Barak-MX, de lanceur de missiles PULS ou de drones WanderB et ThunderB, Bayraktar TB2, et Wing Loong chinois. « Mais tant qu’ils n’auront pas de systèmes Patriot (défense anti-aérienne) ou russes S-400, et qu’ils n’auront pas de défense contre notre Marine ou nos sous-marins, je ne m’inquiéterai pas trop », explique Yago Rodríguez, expert en affaires militaires et directeur de The Political Room.

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Pour Pulido, Rabat craint un conflit avec l’Algérie et non avec l’Espagne. « Ils optimisent leur armée pour mener une guerre contre l’armée algérienne, comme le montre le type d’achats. Le Maroc possède 700 chars et l’Algérie environ 1 400. Rabat essaie de compenser son infériorité en matière d’artillerie et de défense anti-aérienne par son infériorité par rapport à l’aviation algérienne », explique-t-il. Et d’ajouter : « L’Espagne dispose de capacités plus que suffisantes pour lutter contre une invasion massive de Ceuta et Melilla (ou des îles Canaries). L’armée marocaine est beaucoup plus nombreuse que l’armée espagnole, notamment en termes de troupes et de chars, mais L’Espagne possède une supériorité aérienne et navale. Cette attaque du Maroc serait suicidaire ».

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