Le Maroc à la pointe de la technologie

- 01h30 - Maroc - Ecrit par : L.A

En pénétrant dans le zoning qui abrite la société Labinal à quelques kilomètres du centre de Rabat, on comprend tout de suite qu’on est loin de l’image de la petite entreprise marocaine traditionnelle. Ici, c’est la technologie qui règne en maîtresse. Le patron français de l’entreprise, Patrick Gaillard, fut l’un des premiers à tenter l’aventure au Maroc. Et il avoue ne pas avoir eu une seconde l’occasion de le regretter.

"Nous sommes les pionniers de la délocalisation dans le secteur de l’aéronautique , explique-t-il. Le potentiel local est insoupçonné pour de nombreux investisseurs étrangers, mais ceux qui franchissent le pas regrettent souvent de ne pas l’avoir fait plus tôt. Dans notre entreprise, nous travaillons exclusivement avec du personnel habitant dans la région. Nous nous chargeons nous-mêmes de leur formation car c’est vrai que c’est en ce domaine qu’il y a encore le plus de progrès à faire."

Le Maroc semble donc être une des futures destinations de délocalisation, comme en témoigne l’implantation de Renault, séduit par le nouveau port de Tanger. Toutefois, Patrick Gaillard souligne que ce ne sont pas uniquement les coûts de main-d’oeuvre qui ont incité Labinal à s’implanter au Maroc. "Certes, la main-d’oeuvre est nettement moins chère ici, et la semaine des 35 heures n’existe pas (NdlR : les employés travaillent en général 40 heures par semaine). C’est surtout la hausse de charge de travail qui a nécessité cette délocalisation. Elle ne s’est d’ailleurs pas accompagnée de suppression d’emplois en France."

Salaire moyen : 250 €

La flexibilité du personnel marocain est un des atouts majeurs. On fait d’ailleurs la file pour entrer chez Labinal. Il n’est pas rare de voir des diplômés d’autres secteurs venir suivre une formation pour devenir ouvriers, sachant que les salaires y sont 20 à 25 % plus élevés que la moyenne. Mais nettement moins élevés qu’en Europe puisque les opératrices de Labinal touchent en moyenne 250 euros par mois.

Si, il y a quelques années encore, les tractations avec les douanes étaient un problème, tout cela semble aujourd’hui révolu. "Il ne faut pas plus de deux heures pour dédouaner un camion. Les administrations sont devenues très performantes. Les seules petites difficultés que nous rencontrons encore se situent en matière de récupération de TVA où les délais sont horriblement longs. Mais pour le reste, tout se passe aussi bien, si pas mieux qu’en France", conclut Patrick Gaillard.

La Dernière Heure - V. S.♦

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