Maroc : un prince saoudien au cœur d’une grosse polémique

- 13h00 - Maroc - Ecrit par : Bladi.net

Human Rights Watch dénonce le non-paiement de 50 entreprises marocaines ayant rénové le palais d’un prince saoudien à Tanger. Ce défaut de règlement, estimé à 5 millions de dollars, menace de faillite les sous-traitants et laisse des centaines d’ouvriers sans salaire.

L’organisation de défense des droits humains a révélé mardi une situation critique concernant le chantier de la résidence du prince Turki bin Mohammed bin Fahd, membre influent de la famille royale et ministre d’État. Les travaux, confiés aux sociétés saoudiennes Modern Building Leaders (MBL) et Innovative Facility Management and Services (IFAS), ont impliqué une cinquantaine de sous-traitants locaux. Selon l’ONG, les robinets financiers sont coupés depuis octobre 2024, accumulant des arriérés d’au moins 5 millions de dollars malgré des promesses répétées de régularisation.

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Cette impasse place les prestataires marocains au bord du gouffre, onze d’entre eux se déclarant déjà en cessation de paiement imminente. Michael Page, directeur adjoint chez Human Rights Watch, a jugé « inadmissible » que des entités supervisant un projet de luxe acculent des entreprises et leurs employés « au bord de la ruine économique ». Face à l’assèchement de leur trésorerie et à l’accumulation de chèques sans provision, plusieurs entrepreneurs ont dû procéder au licenciement de plus d’une centaine d’ouvriers, incapables d’honorer les salaires ou de rembourser leurs fournisseurs.

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L’opacité règne quant à l’origine exacte du blocage. Si des représentants du palais assurent avoir réglé la facture aux maîtres d’œuvre saoudiens, ces derniers affirment ne pas avoir été payés, laissant les sous-traitants locaux pris en étau. Malgré des engagements écrits de la part d’IFAS promettant des versements au printemps 2025, les fonds n’ont jamais été débloqués, poussant les travailleurs désespérés à organiser des sit-in devant la propriété tangéroise pour réclamer leur dû.

Le coût social de ce litige commercial est lourd pour les familles concernées, dont certaines ont dû vendre leurs biens pour survivre. « Comment vais-je nourrir ma famille ? », s’alarme un employé privé de revenus depuis quatre mois, tandis qu’un chef d’entreprise estime les dégâts irréversibles : « Même s’ils nous payaient maintenant, cela ne réparerait pas tous les dommages causés à nos vies ». HRW exhorte désormais les autorités saoudiennes et marocaines à intervenir conjointement pour garantir le paiement intégral des sommes dues.