CAN 2025 au Maroc : Human Rights Watch dénonce le lourd tribut social de la fête
À une semaine du coup d’envoi de la Coupe d’Afrique des nations, l’ONG Human Rights Watch vient jouer les trouble-fêtes. Dans une tribune publié sur le journal Le Monde, elle pointe du doigt le coût humain de l’événement et la répression féroce qui s’abat sur les voix dissidentes, appelant les instances sportives à prendre leurs responsabilités.
C’est le revers de la médaille que les projecteurs des stades ne parviennent plus à dissimuler. Alors que le Maroc s’apprête à vibrer au rythme du football dès le 21 décembre, la réalité sociale du pays rattrape les festivités. Vincent Sima Olé, coordinateur chez Human Rights Watch (HRW), met en lumière une situation alarmante : l’organisation du tournoi se ferait au détriment direct des citoyens. Le constat est brutal : au moins trois morts, des centaines de blessés et un millier de personnes toujours emprisonnées, dont 330 enfants, suite aux manifestations du mouvement « GenZ 212 » lancées fin septembre.
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Ce bras de fer social marque la fin de l’acceptation aveugle des grands-messes sportives. Les milliards engloutis dans les infrastructures, notamment le futur grand stade de Casablanca en vue du Mondial 2030, passent mal auprès d’une population qui réclame des services publics décents. Le slogan des manifestants, « Nous voulons des hôpitaux, pas des stades », résonne comme un désaveu d’une politique où les dépenses de santé plafonnent à 2,3 % du PIB, bien loin des standards internationaux. La réponse des autorités a été musclée : HRW a documenté des scènes de véhicules de police fonçant sur la foule à Oujda et des condamnations allant jusqu’à quinze ans de prison.
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Face à cette impasse, l’ONG appelle à un changement de paradigme pour l’avenir. Elle somme la CAF et la FIFA de sortir de leur silence, assimilé à un blanc-seing. Si Patrice Motsepe, patron du foot africain, promet d’« organiser la CAN la plus réussie de l’histoire », HRW rappelle que la réussite ne peut se mesurer à l’aune des seules recettes, mais doit intégrer le respect des droits humains. Les courriers adressés en octobre aux instances sont restés lettre morte, mais le message est clair : le football ne peut plus être une zone de non-droit.