Le Maroc profite du ras-le-bol de Ryanair
Malgré des bénéfices en nette hausse, la compagnie aérienne irlandaise à bas coûts refuse de se projeter pour l’année à venir. Elle fustige les taxes européennes et choisit de privilégier des marchés plus compétitifs, notamment le Maroc.
Le transporteur traverse une zone de fortes turbulences géopolitiques. Le conflit en cours au Moyen-Orient prive l’entreprise de toute visibilité sur son second semestre, d’autant que la date de réouverture du détroit d’Ormuz reste inconnue. Dans un communiqué reçu par Bladi.net, le directeur général Michael O’Leary explique qu’avec la volatilité des tarifs du carburant, montés à plus de 150 dollars le baril, et les risques sur l’approvisionnement, il s’avère « beaucoup trop tôt pour fournir à ce stade une quelconque prévision significative de bénéfice » pour l’exercice 2026/2027. D’autres facteurs comme la guerre en Ukraine, l’inflation ou les grèves du contrôle aérien assombrissent le tableau.
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Face à cette situation, le patron de la low cost s’en prend vivement aux taxes environnementales de l’Union européenne, qui vont bondir de 300 millions d’euros cette année. Pour contourner cette perte de compétitivité, la compagnie a décidé de réorienter sa croissance vers les pays qui allègent la fiscalité sur l’aviation. Le Maroc figure en bonne place parmi les grands bénéficiaires de cette stratégie d’expansion, aux côtés de l’Italie, de l’Albanie, de la Suède et de la Slovaquie. À l’inverse, Ryanair prévoit de s’éloigner des marchés jugés trop taxés à l’instar de l’Allemagne, de la Belgique ou de l’Autriche.
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Cette réorganisation intervient alors que le groupe affiche une santé financière solide sur son dernier exercice clos fin mars. Son bénéfice a bondi de 35 % pour atteindre 2,174 milliards d’euros, porté par une hausse de 10 % du prix des billets et un trafic de 208,4 millions de passagers. Si la Bourse de Dublin a fraîchement accueilli le manque de perspectives avec un recul du titre de plus de 2,5 % en matinée, la compagnie maintient ses ambitions à long terme. Elle anticipe 216 millions de voyageurs pour l’exercice en cours et vise le cap des 300 millions de clients d’ici 2034.