Maroc : des responsables accusés de complicité dans des pratiques illégales
Des fuites issues de rapports de l’Inspection générale de l’administration territoriale montrent de graves dysfonctionnements dans le secteur de l’urbanisme au Maroc. Des dizaines de communes seraient concernées par des pratiques illégales qui ont favorisé la prolifération de la construction anarchique.
Selon des informations rapportées par le site Hespress, ces rapports internes mettent directement en cause des responsables de l’autorité locale, caïds et pachas, ainsi que des élus. Les premiers sont accusés d’un manque de contrôle sur le terrain et d’une « faiblesse de la coordination » avec les communes, ce qui a permis la multiplication des constructions illégales.
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Plus grave encore, les documents révèlent une « complicité » entre certains agents d’autorité et des présidents de communes pour contourner la loi. Il leur est reproché d’avoir délivré des autorisations de construire et des certificats de conformité en violation des règles d’urbanisme, notamment sans consulter les agences urbaines comme l’exige la procédure.
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Les inspecteurs ont mis au jour plusieurs manipulations, comme la signature antidatée de permis ou la délivrance de certificats non enregistrés. L’enquête s’est notamment appuyée sur des relevés aériens par drones, qui ont révélé un nombre d’infractions bien supérieur à celui consigné dans les procès-verbaux des autorités locales.
Face à l’ampleur du phénomène, les rapports insistent sur « l’urgence de mettre en œuvre des initiatives législatives » pour redistribuer et clarifier les compétences en matière d’urbanisme entre les autorités locales et les conseils élus. Cette recommandation intervient alors que le ministre de l’Intérieur a récemment menacé de poursuites judiciaires les élus qui signeraient des autorisations unilatérales.