Un Marocain sur deux a déjà fait un régime, moins d’un sur dix utilise une application
Une enquête menée auprès de 1 035 adultes marocains révèle que 49,6 % avaient déjà suivi un régime, mais seulement 9,5 % utilisaient une application pour surveiller leur alimentation. L’échantillon, très urbain et diplômé, ne représente toutefois pas toute la population.
Les Marocains interrogés se préoccupent de leur alimentation, mais utilisent encore très peu les outils numériques pour la contrôler. Près d’une personne sur deux avait déjà tenté de modifier son régime alimentaire, principalement en réduisant le sucre ou les calories.
Cette proportion ressort d’une enquête en ligne menée entre octobre 2024 et janvier 2025 auprès de 1 035 adultes. Les résultats ont été acceptés le 17 août 2026 par la revue scientifique Frontiers in Nutrition, qui doit encore en publier la version définitivement mise en forme.
Parmi les participants, 49,6 % déclaraient avoir déjà suivi un régime. À l’inverse, seulement 9,5 % avaient recours à une application ou à un autre outil numérique pour enregistrer et surveiller leur alimentation.
Ce décalage suggère que les changements alimentaires restent largement gérés sans accompagnement technologique. Les chercheurs y voient une possibilité de développer des outils adaptés aux habitudes, à la langue et au contexte culturel marocains.
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Les réponses révèlent surtout un paradoxe. La consommation de produits traditionnellement associés à une alimentation équilibrée demeure élevée : 89,7 % des participants mangeaient des fruits frais et 89 % des légumes.
Mais ces habitudes coexistaient avec une forte consommation de produits plus riches. Les aliments gras étaient présents dans l’alimentation de 76,6 % des personnes interrogées, tandis que 49,1 % consommaient des boissons sucrées.
Ce mélange entre aliments traditionnels et produits transformés correspond à ce que les auteurs qualifient de transition nutritionnelle. Une population peut continuer à consommer beaucoup de fruits et de légumes tout en absorbant davantage de sucre, de graisse et de calories.
Le Maroc avait déjà relevé les taxes sur les boissons sucrées pour tenter d’en réduire la consommation. La nouvelle étude montre néanmoins que ces produits occupent toujours une place importante dans les habitudes de la population interrogée.
Six participants sur dix en surpoids ou obèses
À partir du poids et de la taille déclarés par les participants, les chercheurs ont calculé une prévalence du surpoids et de l’obésité de 60,9 %. Ce chiffre ne doit pas être présenté comme le taux national : il concerne uniquement l’échantillon de cette enquête.
Celui-ci était composé à 82,9 % de personnes vivant en milieu urbain et à 79,8 % de diplômés de l’enseignement supérieur. Le questionnaire a par ailleurs été diffusé en ligne, ce qui favorise mécaniquement les adultes connectés et à l’aise avec les outils numériques.
Le poids et la taille n’ont pas non plus été mesurés par des professionnels, mais déclarés par les participants eux-mêmes. Les auteurs demandent donc de nouvelles études reposant sur un échantillonnage représentatif avant de généraliser leurs résultats à l’ensemble du Maroc.
Sur Bladi.net : Plus de la moitié des Marocains en surpoids, des chiffres alarmants
L’enquête apporte malgré tout des informations sur les comportements d’un groupe urbain et instruit. Le sexe apparaît comme le facteur le plus régulièrement associé aux habitudes alimentaires. L’âge, le niveau d’études et le revenu jouent également un rôle, mais de manière plus limitée selon les comportements examinés.
Ces données s’inscrivent dans un contexte où plus de la moitié des Marocains seraient déjà en surpoids selon un précédent rapport international et où les projections estiment que 46 % de la population pourrait être obèse en 2035.
Le principal enseignement se trouve donc moins dans un nouveau taux national que dans la contradiction observée : les adultes interrogés connaissent les régimes, consomment encore largement des fruits et des légumes, mais restent très exposés aux aliments gras et aux boissons sucrées.
Quant aux applications nutritionnelles, elles disposent d’un marché potentiel considérable. Encore faut-il qu’elles soient abordables, conçues pour les pratiques alimentaires marocaines et capables d’apporter davantage qu’un simple compteur de calories.