Un Marocain harcèle son ex au Québec, la justice refuse de briser son avenir

- 15h00 - Monde - Ecrit par : L.A

Un jeune Marocain installé au Québec a évité une condamnation criminelle après avoir gravement harcelé son ex-compagne. La justice montréalaise a prononcé une absolution conditionnelle pour le sauver d’une expulsion, provoquant l’indignation du ministère public.

L’affaire débute en mars 2024, au moment où Imad M. refuse catégoriquement sa rupture amoureuse. Ce jeune homme de 23 ans, d’origine marocaine, entame alors un harcèlement étouffant en inondant son ancienne conjointe de messages jour et nuit, allant jusqu’à se présenter à son domicile et à son école. La victime, contrainte de fermer ses comptes de réseaux sociaux suivis par plus de 100 000 abonnés à cause des multiples faux profils créés par son agresseur, alerte la police à plusieurs reprises. Arrêté puis relâché, le suspect viole systématiquement ses conditions de remise en liberté. Il tente même d’acheter le silence de la jeune femme en lui proposant 10 000 dollars pour qu’elle annule sa procédure.

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Placé derrière les barreaux à l’automne dernier après une quatrième plainte, l’individu plaide coupable de harcèlement, bris de conditions et entrave à la justice. Pourtant, la juge Dominique B. Joly lui accorde une absolution conditionnelle assortie de trois ans de probation et de 240 heures de travaux d’intérêt général.

Arrivé au pays à 17 ans avec un visa étudiant et en pleine attente de sa résidence permanente, le ressortissant marocain risquait l’expulsion immédiate en cas d’emprisonnement officiel. La magistrate a justifié sa clémence en estimant qu’un casier judiciaire constituerait une sanction démesurée, évoquant les regrets sincères de l’accusé et des perspectives de carrière jugées réelles.

Ce verdict clément, relayé par TVA Nouvelles, passe très mal du côté de la Couronne. La poursuite réclamait une journée de détention symbolique, prenant en considération l’équivalent des huit mois de détention préventive déjà purgés par le prévenu.

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Fustigeant une peine artificielle taillée sur mesure dans l’unique but de contourner les règles migratoires canadiennes, le ministère public a immédiatement fait appel de la décision. De son côté, la plaignante demeure dans une peur constante de voir son bourreau ressurgir en pleine nuit.