Une Marocaine fuit son frère avec ses trois enfants, les Pays-Bas la renvoient en Espagne

- 23h00 - Monde - Ecrit par : L.A

Une Marocaine et ses trois enfants ne pourront pas rester aux Pays-Bas pour y faire examiner leur demande d’asile. Malgré les menaces qu’elle affirme subir de son frère et ses craintes pour ses enfants, la justice néerlandaise valide leur transfert vers l’Espagne.

La femme, née en 1992 et de nationalité marocaine, avait déposé une demande d’asile aux Pays-Bas avec ses trois enfants mineurs, nés en 2014, 2017 et 2019. Mais les autorités néerlandaises ont refusé d’examiner leur dossier, considérant que l’Espagne en était responsable en application du règlement Dublin.

Le 4 mars 2026, les autorités espagnoles avaient accepté de reprendre la mère et ses enfants. Deux semaines plus tard, le 18 mars, le ministère néerlandais de l’Asile et de la Migration avait donc décidé de ne pas traiter leur demande.

La Marocaine a contesté cette décision devant le tribunal de La Haye. Elle soutenait notamment que les conditions d’accueil des demandeurs d’asile en Espagne présentaient des problèmes suffisamment importants pour empêcher leur transfert.

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Mais son principal argument était beaucoup plus personnel. D’après la décision du tribunal de La Haye, elle affirme être menacée par son propre frère et dit craindre pour sa vie si elle doit retourner en Espagne. Des menaces familiales ont déjà été invoquées par des Marocains demandant l’asile en Espagne.

Son frère aurait des amis en Espagne

La mère explique que la proximité entre l’Espagne et le Maroc augmente selon elle le danger. Elle affirme également avoir de nombreux abonnés sur les réseaux sociaux, ce qui permettrait de la reconnaître et de la retrouver rapidement.

Son frère disposerait par ailleurs d’amis en Espagne susceptibles de la localiser. Pour appuyer ses craintes, la Marocaine affirme également que la police espagnole n’aurait pas réussi à protéger l’ex-femme de son frère.

Elle estime enfin qu’un nouveau déplacement aurait des conséquences sur ses trois enfants. Ceux-ci vont désormais à l’école aux Pays-Bas, apprennent le néerlandais et auraient retrouvé une certaine stabilité après une période particulièrement éprouvante.

Le gouvernement néerlandais reconnaît que la situation décrite est difficile, mais considère que rien ne démontre que les autorités espagnoles seraient incapables de protéger la famille. Une question de protection déjà au cœur d’autres dossiers dans lesquels des Marocains ont affirmé être menacés après leur départ du Maroc.

Le tribunal suit ce raisonnement. Les juges reconnaissent que la Marocaine se sent en danger en raison des menaces attribuées à son frère, mais constatent qu’elle n’a fourni aucun élément démontrant que la police ou la justice espagnoles ne pourraient ou ne voudraient pas lui venir en aide.

Les menaces de son frère pourront précisément être invoquées dans le cadre de sa demande d’asile en Espagne. Et si elle estime que les autorités espagnoles ne respectent pas leurs obligations, elle pourra saisir les administrations ou juridictions compétentes dans le pays.

Concernant les enfants, le tribunal admet qu’ils ne souhaitent pas déménager une nouvelle fois et qu’ils ont retrouvé une certaine stabilité aux Pays-Bas. Mais leur présence dans le pays est encore relativement récente et aucun élément particulier ne permet d’établir qu’un transfert vers l’Espagne nuirait gravement à leur développement.

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Le recours de la Marocaine a donc été déclaré non fondé le 1er septembre. Sa demande visant à empêcher provisoirement le transfert a également été rejetée. La décision, publiée le 2 septembre, permet aux Pays-Bas de maintenir leur refus d’examiner la demande d’asile et de transférer la mère et ses trois enfants vers l’Espagne.