Une Marocaine fait plier l’Etat Espagnol

- 19h00 - Espagne - Ecrit par : Said A.

Accusée à tort de fraude, une employée de maison marocaine travaillant à Ceuta a remporté une victoire judiciaire majeure. La justice espagnole a annulé le refus de son visa de travail, condamnant l’administration pour son évaluation biaisée.

Le tribunal supérieur de justice (TSJ) de Madrid a tranché en faveur de cette travailleuse. Les juges ont purement et simplement annulé la résolution de mai 2025 qui lui refusait un visa de résidence temporaire et de travail. Outre l’obligation de délivrer immédiatement ce document, l’État a été condamné à payer les frais de procédure. Comme l’indique El Faro de Ceuta, l’administration justifiait initialement son refus en invoquant un manque de véracité et une relation professionnelle frauduleuse, s’appuyant sur des réponses prétendument incorrectes données lors d’un entretien.

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Cette évaluation a été totalement démontée par la justice, qui a pointé de graves défauts de communication liés à la barrière de la langue lors de l’interrogatoire. Les horaires approximatifs fournis par la plaignante ne peuvent pas indiquer une falsification, car la législation régissant ce secteur (décret royal 1620/2011) exige une flexibilité contractuelle. Concernant son lieu de travail quotidien, cette femme célibataire a su identifier le nom de l’immeuble, une précision jugée largement suffisante. Les magistrats soulignent que ces réponses devaient « être comprises dans le contexte propre de la relation de travail d’employée de maison interne ».

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L’accusation de tromperie s’effondre d’autant plus qu’un lien professionnel antérieur existait déjà entre les deux parties, justifiant un recrutement logiquement fondé sur la proximité et la confiance. Ce jugement très clair démontre l’absence totale de fausses déclarations dans ce dossier individuel. Cette décision inédite ouvre désormais une brèche juridique importante pour de nombreux travailleurs étrangers, principalement des Marocains.