Une messe en terre d’Islam

- 06h40 - Maroc - Ecrit par : G.A

Au Maroc, l’instant était solennel ce mardi. Les chrétiens, venus nombreux, ont célébré la messe de minuit pour commémorer la naissance de l’enfant Jésus, dans la foi et le recueillement à la cathédrale Saint-Pierre, siège de l’archidiocèse de Rabat.

Peu avant la messe, le père célébrant a salué le rôle que joue le Maroc dans la cohabitation des trois religions monothéistes, avant de faire part de sa joie de voir autant de chrétiens manifester leur chrétienneté en terre d’Islam. " Votre pays est signifiant ", a-t-il déclaré. Le père Daniel Nourissat a aussi rappelé dans son homélie la naissance du Christ, "Roi de l’univers", prônant "l’amour et la paix".

Les chrétiens cachaient à peine leur joie de communier, dans la même foi et la même espérance, en la miséricorde d’un Dieu sauveur. C’est le cas de ce couple de touristes canadiens qui a déclaré, à l’issue de la messe, qu’ils étaient "ravis de pouvoir célébrer la fête de Noël dans un pays où règnent la tolérance, la paix et la stabilité". D’autres célébrations eucharistiques ont eu lieu à Marrakech, Agadir, El Jadida, Tanger, Casablanca en l’église Notre Dame de Lourdes, construite en 1954 et classée au patrimoine culturel national, rapporte article19.ma

Le Maroc compte 30.000 chrétiens, dont 20.000 catholiques et 10.000 protestants. L’histoire du christianisme au Maroc est ancienne et reste marquée par quelques batailles internes entre les territoires sous domination espagnoles et ceux sous domination française. Le pape Pie XI coupera la poire en deux par la création de deux Vicariats apostoliques : l’un ayant son siège à Rabat, pour la zone française, et l’autre à Tanger, pour la zone espagnole et la zone internationale de la ville.

En 1923, les deux églises avaient des instructions strictes pour éviter le prosélytisme. La neutralité de l’Église sera mise à mal, lorsque l’évêque de Rabat, l’archevêque Lefèvre, soutenu par le sultan Mohammed V, publie une lettre soutenant les efforts d’indépendance du Maroc.

Après le départ massif des chrétiens du Maroc entre 1975 et 1990, de nombreuses congrégations religieuses et la majorité des églises ont été fermées. Mais fort heureusement, sous l’impulsion du Concile Vatican II, l’œcuménisme s’est développé entre les Églises anglicane, orthodoxe, catholique et évangélique. Le Conseil des Églises chrétiennes au Maroc fut créé, et en 2012, l’Institut Al Mowafaqa vit le jour.

Aujourd’hui, l’Église doit sa vitalité aux milliers d’étudiants subsahariens venus poursuivre leurs études au Maroc, rapporte la même source.

  • La cathédrale Saint-Pierre de Rabat fête ses cent ans

    La cathédrale Saint-Pierre de Rabat, siège de l'archidiocèse de Rabat, a célébré en novembre son centenaire d'existence. La communauté catholique au Maroc est composée d'environ 30 000 fidèles.

  • "L'islamophobie utilisée à des fins électoralistes"

    L'islamophobie qui étend ses tentacules en Europe, serait motivée par les partis de l'extrême droite qui l'agitent à des fins politiques. C'est une réflexion menée par Rajae Mekkaoui, ambassadrice du Maroc au Vatican, qui invite par la même occasion, la diplomatie spirituelle à contrer cet amalgame.

  • Maroc : juifs, musulmans et chrétiens prient ensemble

    Face à la progression du coronavirus au Maroc, le cardinal Cristobal Lopez Romero, archevêque de Rabat, a exhorté les juifs, les musulmans et les chrétiens à "une pandémie de prière", ce mercredi 25 mars 2020 à 20 h (heure locale).

  • Agadir : les trois religions monothéistes évoquent les souvenirs du tremblement de terre

    La célébration du soixantième anniversaire du tremblement de terre d'Agadir a été l'occasion pour des juifs, chrétiens et musulmans, de rendre un hommage mérité aux victimes.

  • Les Juifs Marocains célèbrent Hanoucca à Essaouira

    Les Marocains de confession juive, originaires d'Essaouira, ont allumé dimanche, la 8ème Menorah (bougie) à la synagogue de Slat Attia dans la cité des Alizés. C'est dans le cadre de la fête des lumières qui a duré huit jours.

  • Église catholique marocaine : une communauté en pleine croissance

    Grâce aux Subsahariens, le Maroc, pays où l'islam est religion d'État, voit sa petite communauté chrétienne se raviver. Un synode diocésain démarré en mai, réfléchit sur ses nouveaux enjeux.

  • Le Pape François reconnaissant à toute l'Afrique du Nord à travers le Maroc

    En marge du Consistoire ordinaire public, le Pape François a élevé au rang de Cardinal, le samedi 5 octobre, en la basilique Saint-Pierre, treize archevêques, dont Mgr Cristobal Lopez Romero, salésien espagnol, également Archevêque de Rabat.

  • L'appel de la cathédrale de Rabat

    Une collecte de don a été initiée au profit des sans-papiers vivant dans le Royaume, toutes nationalités et religions confondues par la cathédrale Saint-Pierre de Rabat.

  • L'appel des chrétiens marocains au gouvernement d'Akhannouch

    La Coordination des chrétiens marocains a lancé un appel au nouveau gouvernement dirigé par Aziz Akhannouch. Elle plaide pour l'organisation des rites et des cultes religieux dans les églises officielles, et le droit au mariage ecclésiastique ou civil dans un pays où « l'islam est la religion de l'État, qui garantit à tous le libre exercice des cultes ».

  • Le président israélien a un petit mot pour le roi Mohammed VI

    La visite du roi Mohammed VI, mercredi dernier, à l'ancienne médina d'Essaouira, continue de susciter l'admiration au sein de la communauté juive du Maroc et d'ailleurs. Le président israélien, Reuven Rivlin, a adressé ses remerciements au roi pour avoir honoré de sa présence cet espace spirituel et patrimonial de préservation et de valorisation de la mémoire judéo-marocaine.