Micky El Mazroui, un parcours réussi

- 00h21 - Monde - Ecrit par : L.A

Il a grandi dans la cité des Peintres à Garges-lès-Gonesse (Val-d’Oise), au milieu de ses sept frères et sœurs, entouré de ses parents, ouvrier chez Citroën et mère au foyer. Ce Marocain n’imaginait pas, un jour, faire du cinéma.

Pourtant, à 32 ans, Micky a enchaîné des rôles dans six longs-métrages, une dizaine de téléfilms et joué avec Jeanne Moreau, Lorànt Deutsch, Claude Brasseur ou Samy Naceri. Actuellement, il prend part au tournage d’une saga pour France 3, « Six Angles vifs ». « J’avais bien participé à une pièce de théâtre à l’école, mais je ne savais pas du tout comment on faisait un film. Chez nous, il n’y avait que la télé, et c’était déjà bien. »

En 1993Micky est élève en BEP vente dans un lycée professionnel. « J’étais à moto, quand j’ai vu un attroupement près de mon lycée. Thomas Gilou était là (NDLR : le cinéaste cherchait des jeunes de banlieue pour son film « Raï »). J’ai discuté avec lui et il m’a donné rendez-vous à Paris. »

Un mois et six castings plus tard, Micky est retenu pour interpréter Mezz, le frère de Sahlia, campée par Tabatha Cash. « Il fallait travailler l’été. Mais même pour tout l’or du monde, je n’aurais jamais grillé mes vacances au Maroc. Le réalisateur n’était pas d’accord, donc j’ai négocié. Je me suis enfermé chez moi pendant une semaine pour apprendre mon texte. Et c’‘est ainsi que deux semaines avant le début du tournage, j’ai pu partir. » Une forte personnalité qui ne l’a jusqu’à présent jamais desservi.

« Il y a un potentiel artistique immense en banlieue »

Malgré cette notoriété, Micky est resté fidèle à ses racines et habite toujours près de Garges-lès-Gonesse où résident encore ses parents. « Ce que j’‘aime dans ce métier, c’est rencontrer des gens de tous horizons. Je peux être un soir dans une réception où l’on sert du caviar et, deux heures plus tard, au pied d’un immeuble, en train de gratter un bout de pizza à un pote. »

Conscient de sa chance, l’acteur souhaite mettre son expérience au service des autres. « Si je n’‘avais pas vécu à Garges, je n’aurais certainement pas eu cette opportunité. C’est pour ça que je veux aider les jeunes des cités qui ont envie de faire ce métier. Leur prouver que faire du cinéma, c’est possible quand on s’en donne les moyens. Il y a un potentiel artistique immense en banlieue. Ce qui fait défaut, ce sont les structures pour les accueillir. »

Aussi, Micky compte combler ce manque et créer, pourquoi pas, un théâtre dans sa ville natale.

Le Parisien - Ludovic Luppino

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