74 migrants, 30 000 euros par mois, un seul lit et deux Marocains cachés dans un frigo : la découverte de la police à Sebta

- 06h00 - Espagne - Ecrit par : Sébastien A.

Une opération policière dans le quartier du Principe a révélé un hébergement clandestin où des migrants payaient pour dormir à même le sol. Certains auraient également travaillé gratuitement pour réduire leur facture. Un homme a été placé en détention provisoire.

Quand les policiers inspectent un réfrigérateur, ils découvrent deux jeunes cachés à l’intérieur. L’appareil fonctionne encore. Dans cette maison du quartier du Principe, à Sebta, 72 autres migrants occupent les pièces et les baraquements attenants. Au total, 74 personnes s’y entassent, avec un seul véritable lit.

L’intervention remonte au mardi 20 octobre. Les agents découvrent une habitation d’environ 80 m² sur deux niveaux. Les occupants dorment sur des couvertures, des coussins et des matelas posés au sol. Le seul lit avec une table de chevet se trouve dans la chambre de l’homme soupçonné de gérer les lieux, raconte El País.

La police recense 54 hommes, dix femmes et dix mineurs non accompagnés. Les enquêteurs soupçonnent cette maison de servir de point d’hébergement en attendant l’organisation de traversées clandestines vers la péninsule espagnole.

Jusqu’à 20 euros pour dormir par terre

Chaque nuit était facturée 20 euros à l’intérieur de la maison et 10 euros dans les baraquements. Selon les estimations policières, le responsable présumé aurait encaissé entre 1 000 et 1 100 euros par jour, soit environ 30 000 euros par mois.

Certains occupants auraient obtenu des réductions en effectuant des travaux de maçonnerie sans salaire. Des mineurs figurent parmi les victimes présumées de cette exploitation.

Les enquêteurs évoquent également un chien utilisé pour intimider les occupants. L’un des enfants aurait subi une morsure. Dans son communiqué du 22 octobre, le ministère espagnol de l’Intérieur décrit une enquête portant notamment sur l’immigration irrégulière, les atteintes aux droits des travailleurs et l’exploitation de mineurs.

Le responsable présumé, un habitant de Sebta âgé d’une trentaine d’années, a été placé en détention provisoire le jeudi 22 octobre. Les 74 migrants ont été conduits vers un centre d’accueil temporaire.