10 milliards de dollars d’engagements chinois au Maroc, mais pas encore de voitures assemblées
Plus de 10 milliards de dollars d’investissements chinois sont engagés au Maroc, principalement dans l’énergie et l’automobile électrique. Pourtant, les constructeurs chinois n’y assemblent toujours pas leurs voitures. Une étape décisive manque pour profiter pleinement de l’accès privilégié au marché européen.
Le seuil des 10 milliards de dollars d’engagements a été franchi en mars 2026. Selon une analyse publiée le 27 octobre par Foreign Policy, les capitaux chinois se concentrent sur les batteries, les matériaux industriels et l’énergie. Ces montants correspondent à des projets annoncés ou engagés, dont la réalisation s’échelonne sur plusieurs années.
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À Kénitra, Gotion High-Tech développe une usine de batteries représentant 1,3 milliard de dollars d’investissement initial. À Jorf Lasfar, le groupe CNGR s’est associé à Al Mada autour d’un projet de matériaux pour batteries de quelque deux milliards de dollars. À Tanger Tech, BTR et des fabricants de pneumatiques renforcent également la présence chinoise.
Les composants arrivent, les voitures attendent
L’industrie marocaine assemble déjà des véhicules pour Renault et Stellantis. Mais aucun constructeur automobile chinois n’y exploite encore sa propre usine d’assemblage, relève le magazine américain.
BYD avait pourtant annoncé une implantation en 2017, avec des ambitions allant des véhicules électriques aux batteries. Le projet a finalement été abandonné après des années de blocage. Des difficultés de financement et le développement limité des infrastructures de recharge ont pesé sur son avenir.
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Le calcul douanier est considérable. Les voitures électriques fabriquées en Chine sont soumises à un droit ordinaire de 10 %, auquel peut s’ajouter une surtaxe pouvant atteindre 35,3 %, selon la Commission européenne.
Un véhicule assemblé au Maroc pourrait éviter ces droits s’il respecte les règles d’origine préférentielles, notamment la limite de 45 % de composants non originaires.
Cette perspective explique l’attrait du Maroc pour les industriels chinois : phosphates nécessaires aux batteries, proximité de l’Europe, port Tanger Med et sous-traitants automobiles déjà installés. Le prochain tournant serait l’ouverture d’une chaîne d’assemblage exploitée par un constructeur chinois, après les milliards engagés en amont.