Mort de Ben Barka : un nouveau témoignage

- 23h37 - France - Ecrit par :

Un ancien détenu du bagne marocain de Tazmamart exilé aux Etats-Unis, Ali Boureqat, affirme dans un entretien publié vendredi par Maroc-Hebdo que le corps décapité de l’opposant Mehdi Ben Barka, assassiné en 1965, a bien été enterré en région parisienne. Selon lui, la tête du cadavre a été remise au général Mohamed Oufkir, alors ministre de l’Intérieur.
Ce sont deux agents des services secrets français qui ont enterré le corps, coulé dans une dalle de ciment, à Montigny-sur-Loing, selon Ali Boureqat.

Il dément la thèse, relatée en juin 2001 par un ancien agent secret marocain dans Le Monde et l’hebdomadaire marocain Le Journal, selon qui Ben Barka est mort à la suite de tortures infligées par le général Oufkir et son adjoint, le commandant Ahmed Dlimi.

Mort sous la torture

Selon Ahmed Boukhari, "standardiste" de l’opération, Ben Barka, enlevé devant la brasserie Lipp, à Paris, serait en effet mort quelques heures plus tard sous la torture dans la nuit du 29 au 30 octobre 1965 dans une maison de Fontenay-le-Vicomte, au sud de la capitale. Après avoir été rapatrié au centre de torture de Rabat, le corps de l’opposant marocain a été plongé et dissous dans une cuve d’acide, selon la même source. Bachir Ben Barka, président de l’institut "Mehdi Ben Barka, Mémoire vivante", avait alors déclaré que le témoignage d’Ahmed Boukhari "demandait à être confirmé devant la justice".

Selon Ali Boureqat, la thèse d’Ahmed Boukhari est "une pure invention" destinée à "clore définitivement le dossier".

Ali Boureqat avait été arrêté avec ses deux frères en 1973. Ils avaient rejoint en 1981 le bagne de Tazmamart, où étaient détenus une soixantaine de militaires accusés d’avoir participé aux tentatives de coups d’Etat contre Hassan II en 1971 et 1972. Ils ont été libérés en 1991. Ali Boureqat, qui affirme avoir été la cible des services secrets français, s’est exilé aux Etats-Unis en 1995 comme réfugié politique.

Source : Nouvel Observateur

  • Nouvelles affirmations sur la disparition de Ben Barka en France

    Ali Bourequat, un ancien détenu du bagne marocain de Tazmamart exilé aux Etats Unis, a affirmé vendredi que le corps décapité de l'opposant Mehdi Ben Barka a été enterré en région parisienne, après son assassinat en 1965, contestant la thèse de l'ancien agent Ahmed Boukhari.

  • Affaire Ben Barka : nouvelle demande d'audition de Boukhari

    Le juge enquêtant sur l'assassinat en octobre 1965 dans la région parisienne de l'opposant marocain Mehdi Ben Barka a formulé une nouvelle demande visant à interroger Ahmed Boukhari, auteur de révélations sur l'affaire, a-t-on appris dimanche auprès de l'avocat de la famille Ben Barka.

  • Affaire Ben Barka : des ONG marocaines manifesteront à Paris

    Des associations marocaines participeront à une manifestation à la mémoire de l'opposant Mehdi Ben Barka, disparu en 1965, organisée à Paris le 29 octobre, date de son enlèvement, ont annoncé lundi à Rabat des organisations de défense des droits de l'Homme.

  • Affaire Ben Barka : la justice marocaine interrogera l'ancien agent Boukhari

    La justice marocaine a décidé de donner suite à la commission rogatoire internationale lancée par un juge français pour interroger l'ancien agent Ahmed Boukhari sur ses révélations explosives concernant l'affaire Ben Barka, a-t-on annoncé lundi à Rabat de source autorisée.

  • Ben Barka : la famille réclame la déclassification du dossier

    La famille de l'opposant marocain Mehdi Ben Barka, disparu en 1965 à Paris, a souhaité vendredi une "décision définitive" de la France sur la déclassification du dossier couvert par le "secret défense" depuis 39 ans.

  • Affaire Ben Barka : Paris lève le secret défense

    Le ministre français de la Défense a donné son accord pour la levée du "secret défense" sur tous les documents encore classés avec cette mention concernant l'affaire Ben Barka. Le Journal Officiel a, en effet, publié, dimanche, l'avis de la Commission consultative du secret de la Défense nationale ayant approuvé le 14 octobre la levée du secret défense sur les informations demandées par le juge d'instruction français Claude Choquet, en charge de l'enquête sur la disparition de Mehdi Ben Barka, en 1965 à Paris, soit 73 documents non encore rendus publics.

  • Le Conseil de Paris crée une place Mehdi Ben Barka

    Le Conseil de Paris a voté lundi en faveur de la création d'une place Mehdi Ben Barka non loin du lieu où l'opposant marocain fut enlevé en 1965, en plein Paris, dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés.

  • Hicham Mandari extradé des USA vers la France

    Un ressortissant marocain, interpellé en août 1999 aux Etats-Unis et recherché par la justice française pour son implication dans une affaire de trafic de faux dinars de Bahrein instruite à Paris, a été extradé samedi vers la France.

  • Reprise du procès d'Ahmed Boukhari le 15 juillet

    Le procès de l'ancien agent marocain Ahmed Boukhari, poursuivi pour diffamation après ses révélations sur l'affaire Ben Barka, a été a renvoyé au 15 juillet après une séance marquée, mardi à Casablanca, par un débat autour de la validité d'un document présenté par l'accusation, a constaté l'AFP.

  • l'affaire Ben Barka bientôt au cinéma

    Le tournage au Maroc du film "J'ai vu tuer Ben Barka" qui relate la disparition en octobre 1965 de l'ex-opposant socialiste au régime de Hassan II s'est achevé à la mi-mars à Casablanca.