Un mort toutes les deux heures : l’urgence d’une révolution de la conduite au Maroc
Face à la recrudescence des accidents mortels en 2025, le gouvernement marocain déploie un plan de 800 millions d’euros jusqu’en 2030. Cette initiative vise à sécuriser les infrastructures routières et à renforcer la prévention.
La mortalité routière constitue un problème de santé publique majeur au Maroc, avec une victime recensée toutes les deux heures. Selon l’Agence nationale de la sécurité routière (NARSA - Sigle en anglais), l’année 2025 a enregistré 160 000 accidents ayant causé la mort de 4 577 personnes, marquant une hausse de 25,5 % en un an. L’Organisation mondiale de la santé évalue ce taux à 17 décès pour 100 000 habitants, un niveau cinq fois supérieur à celui de l’Espagne par exemple.
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Les piétons et les motocyclistes paient le plus lourd tribut en représentant 70 % des victimes, tandis que la moitié des conducteurs décédés ont moins de trente-cinq ans. La NARSA attribue cette sinistralité à de multiples infractions, allant de l’excès de vitesse au non-respect de la signalisation, en passant par l’usage du téléphone au volant. L’état des routes secondaires, la présence d’animaux sur les voies et la circulation de véhicules sans éclairage aggravent considérablement cette insécurité.
Dans les grandes agglomérations comme Rabat, Casablanca ou Marrakech, les feux tricolores et les passages piétons sont rarement respectés. Meryem, employée dans la capitale citée par EFE, illustre cette réalité urbaine : « Il ne faut pas réfléchir, il faut traverser à la marocaine. Profiter du moment où beaucoup de gens traversent et y aller. Les voitures s’arrêtent ». De plus, les arrêts inopinés des taxis partagés compliquent le flux de la circulation urbaine.
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Pour inverser cette tendance d’ici la Coupe du monde de football 2030, organisée conjointement avec l’Espagne et le Portugal, les autorités exigent désormais la validation de l’examen théorique avant toute pratique en auto-école. Des campagnes de sensibilisation sont également diffusées pour encourager le port du casque chez les conducteurs de deux-roues, impliqués dans 2 300 décès annuels.