MRE : Le piège des papiers qui menace les transferts vers le Maroc
Abdellatif Jouahri redoute que de nouvelles exigences administratives compliquent les transferts des MRE vers le Maroc. Bank Al-Maghrib veut empêcher l’apparition de blocages inutiles.
Les transferts des MRE vers le Maroc pourraient-ils devenir plus compliqués à cause de nouvelles exigences administratives en Europe ? C’est l’un des risques évoqués par Abdellatif Jouahri, wali de Bank Al-Maghrib, lors de son intervention du 23 juin sur les conséquences d’une réglementation européenne touchant les banques marocaines installées sur le continent.
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Le responsable ne parle pas seulement d’un problème bancaire. Il redoute surtout les effets concrets pour les Marocains du monde : des dossiers plus lourds, des justificatifs supplémentaires et des démarches susceptibles de ralentir les opérations vers les comptes marocains.
« On peut vous demander des papiers à n’en plus finir », a averti Abdellatif Jouahri. Il a cité, parmi les obstacles possibles, les demandes d’attestation de revenu ou de preuve du paiement des impôts dans le pays de résidence. Des exigences qui, selon lui, pourraient devenir un moyen de gêner les transferts.
Pour Bank Al-Maghrib, l’objectif est donc d’éviter que les MRE soient découragés ou ralentis dans leurs opérations habituelles. Les banques marocaines installées en Europe jouent depuis longtemps un rôle de relais pour faciliter les transferts vers le royaume. Cette fonction a été fragilisée par une réglementation européenne adoptée dans le contexte post-Brexit.
Rabat veut désormais identifier tous les points susceptibles de créer des « goulots de gêne ou d’étranglement ». Abdellatif Jouahri explique que cette vérification doit se faire pays par pays, afin de préserver un fonctionnement aussi proche que possible de ce qui existait auparavant.
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Le Maroc a commencé ce travail avec la France, avant de l’étendre aux autres pays européens où vivent de nombreux MRE. Le but est clair : éviter que les nouvelles règles ne se traduisent, pour les Marocains du monde, par une accumulation de justificatifs et de contraintes administratives.