MRE piégés au Maroc : leurs appartements n’existaient pas

- 15h00 - Maroc - Ecrit par : J.K

Un promoteur immobilier de 33 ans a été incarcéré pour une vaste escroquerie. Il aurait dupé plus de 300 personnes, dont des Marocains résidant à l’étranger (MRE), avec des projets fictifs, empochant plus de 80 millions de dirhams d’avances.

Le suspect dort désormais derrière les barreaux de la prison d’Al Arjat 2. Présenté mercredi au juge d’instruction de Témara, il est poursuivi pour escroquerie et détournement. L’enquête recense déjà 287 victimes officielles qui croyaient acheter un appartement social ou intermédiaire.

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Appâtés par des offres commerciales ciblées et reçus dans de luxueux bureaux à Rabat, dans les quartiers d’Agdal et Hay Riad, les acheteurs ont versé des acomptes massifs couvrant 80 % du prix. Ces avances atteignaient 200 000 dirhams pour les biens économiques et 400 000 dirhams pour le standing supérieur.

Mais depuis 2021, le rêve de propriété s’est transformé en cauchemar. Les acquéreurs ont subi d’incessants reports avant de comprendre que certains logements avaient été revendus plusieurs fois. « Il nous remettait des reçus de paiement et des documents publicitaires, mais nous n’avons pour l’instant jamais vu la moindre pierre de ces immeubles », racontent des victimes flouées au quotidien Assabah. Excédés, les acheteurs ont fini par coincer le mis en cause après de nombreux sit-in organisés à Rabat, notamment devant une annexe du ministère de l’Intérieur. Lors de sa garde à vue, les enquêteurs ont fait une découverte glaçante : le compte bancaire du trentenaire est totalement vide.

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Ce scandale retentissant dépasse d’ailleurs les frontières marocaines. De nombreux Marocains résidant à l’étranger figurent parmi les victimes de cette machine bien rodée et préparent activement leur retour au Maroc pour se constituer parties civiles. L’impunité du suspect choque d’autant plus que son chantier a démarré dans la plus stricte illégalité. Le constructeur n’avait en effet jamais réglé l’achat du terrain sur lequel devaient s’ériger les bâtiments, une parcelle appartenant en réalité à des héritiers.