Les myrtilles marocaines prises en étau entre météo et Espagne
Attendu pour avril, le pic de la récolte de myrtilles au Maroc peine à se concrétiser. Frappée par des intempéries et concurrencée par l’Espagne, la filière fait face à des volumes en chute libre et à des prix en berne.
La météo capricieuse a lourdement pénalisé les producteurs. Les fortes pluies qui ont balayé la région de Larache il y a quelques semaines empêchent la production de décoller. Un professionnel dresse un constat sévère relayé par le média spécialisé FreshPlaza : « Nous sommes loin des projections de volume anticipées par l’industrie, qui tournaient autour de 100 000 tonnes ». Il redoute même de ne pas pouvoir atteindre le record de 60 000 tonnes enregistré lors de la saison précédente.
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Sur le plan commercial, la donne se révèle tout aussi complexe malgré une demande européenne toujours aussi forte. L’arrivée massive des récoltes espagnoles sur le marché tire brutalement les tarifs vers le bas. La chute est particulièrement rude pour les exportateurs : alors qu’elles se négociaient à 11 euros en début de campagne au mois de janvier, puis à 9 euros il y a quinze jours, les myrtilles marocaines s’écoulent aujourd’hui à seulement 7,5 euros.
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Cette pression n’est d’ailleurs pas une première pour la profession. Il y a un mois, le secteur observait déjà des difficultés similaires sur le marché russe, cette fois en raison de la rivalité imposée par la Chine. Conscient que les conditions météorologiques et la concurrence espagnole ne s’amélioreront pas avant la fin de l’exercice, ce dernier conserve néanmoins ses ambitions pour ce produit stratégique. Dès la saison prochaine, son entreprise prévoit de délocaliser une partie de ses cultures de Larache vers Agadir pour mieux sécuriser son rendement.