Le paradoxe de l’olive au Maroc : une récolte record mais des tonnes de fruits perdus
Malgré une production record cette saison, le secteur oléicole marocain subit d’importantes pertes. Les intempéries et la pénurie de main-d’œuvre ont empêché l’achèvement des cueillettes, menaçant dangereusement le nouveau cycle de floraison.
La filière oléicole nationale fait face à une situation paradoxale. Bien que la récolte ait dépassé les prévisions avec 200 000 tonnes, entraînant une chute de moitié des prix de l’huile, de nombreux agriculteurs n’ont pu achever la récupération de leurs fruits.
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Selon Hespress, des quantités considérables d’olives sont restées sur les arbres ou ont été endommagées. Ces pertes s’expliquent par les pluies successives entre décembre et février, conjuguées à une rareté et un renchérissement inédits de la main-d’œuvre agricole.
Cette abondance inattendue a également mis en évidence la faiblesse des capacités de stockage. Les producteurs ont massivement dirigé leurs récoltes vers les pressoirs, sans pouvoir étaler rationnellement la gestion de cette surproduction.
Le président d’une coopérative agricole précise que ces retards menacent directement la saison prochaine. Les variétés comme la Picholine ou l’Arbequina sont particulièrement vulnérables, car la poursuite de la cueillette coïncide dangereusement avec le début de la floraison à la mi-mars.
Face à ce dilemme, plusieurs exploitants ont préféré sacrifier la récolte restante pour préserver leurs arbres. Toucher les branches en pleine période d’éclosion risquerait de provoquer la chute des nouvelles fleurs et d’anéantir la production future.
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Dans certaines exploitations, ces complications météorologiques et logistiques ont engendré la destruction de près de 20 % des volumes globaux.