Nador West Med : le futur géant du Maroc qui fait trembler Melilla et Madrid

1er février 2026 - 08h00 - Maroc - Ecrit par : Bladi.net

Le complexe portuaire de Nador West Med, dont le lancement est confirmé pour fin 2026, suscite une vive inquiétude à Melilla. L’enclave espagnole, asphyxiée par la fermeture de sa douane commerciale depuis 2018, accuse le gouvernement de Madrid de passivité face à l’émergence de ce nouveau géant logistique marocain.

Alors que le Maroc finalise les infrastructures de Nador West Med (NWM), l’inquiétude grimpe de l’autre côté de la frontière. Ce projet pharaonique de 4,7 milliards d’euros, conçu pour reproduire le succès de Tanger Med, entrera en service au quatrième trimestre 2026 avec une capacité initiale de 5 millions de conteneurs. Pour le gouvernement local de Melilla, ce hub n’est pas seulement une prouesse technique, c’est un outil de pression économique qui menace de porter le coup de grâce à la ville autonome, relate El Independiente.

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Fadela Mohatar, porte-parole de l’exécutif de Melilla, a fustigé le « silence inexplicable » du gouvernement central espagnol. Selon elle, alors que le Maroc renforce sa souveraineté énergétique avec son premier terminal de gaz naturel liquéfié (GNL) à Nador, Madrid a supprimé les 300 millions d’euros prévus en 2018 pour l’extension du port de Melilla. Cette absence d’investissement condamne l’enclave à une perte de compétitivité irrémédiable face au dynamisme rifain.

Un choc de stratégies frontalières :

• Logistique et Énergie : Tandis que Nador achève 5,4 km de digues et son premier terminal GNL capable de traiter 5 milliards de m³ par an, Melilla reste tributaire d’une centrale thermique polluante et d’un port commercial aux projets d’extension avortés.
• Asphyxie commerciale : La douane commerciale de Melilla demeure inactive malgré les accords diplomatiques récents. L’absence de sécurité juridique et de calendrier de réouverture a entraîné la fermeture de nombreux commerces et l’effondrement de secteurs historiques.
• Investissements disparates : Le contraste est frappant entre les 20 milliards de dirhams d’investissements privés déjà captés par la zone industrielle de Nador et le sentiment d’abandon ressenti par les entreprises de l’enclave espagnole.

Face à ce qu’elle qualifie d’une « tentative d’asphyxie ouverte » par Rabat, Melilla tente de pivoter vers une économie de services, le tourisme de croisière et les nouvelles technologies. Cependant, l’exécutif local estime que sans une défense ferme de l’Espagne auprès de l’Union européenne, l’enclave restera isolée. La ville dénonce également une dégradation des liaisons aériennes et la fin des avantages fiscaux, affaiblissant un peu plus un tissu entrepreneurial déjà exsangue.

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Alors que Nador West Med s’apprête à redéfinir les routes maritimes en Méditerranée occidentale, Melilla se tourne vers l’Europe comme ultime recours. Pour les autorités locales, l’avenir de la ville ne peut plus dépendre d’une frontière terrestre de plus en plus restrictive, mais d’une intégration renforcée au marché communautaire pour compenser la montée en puissance du voisin marocain.

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