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Mort de la petite Naïma : les habitants de Zagora dénoncent

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29 septembre 2020 - 13h20 - Société

Le corps de Naïma, une fillette de 5 ans, disparue le 17 août dernier, a été retrouvé par un berger samedi dernier, dans la région du Draa-Tafilalet, près de Jebel Kissane à Zagora. Les acteurs de la société civile dénoncent la discrimination dans le traitement de l’information.

Les acteurs de la société ont comparé le traitement de l’affaire du petit Adnane disparu, violé, tué puis enterré près du domicile de ses parents à Tanger et celui de l’affaire de la petite Naïma. Il y voit une discrimination. "Les plateformes médiatiques ont dédaigné se déplacer vers eux dans ce coin reculé du royaume et mener leur enquête (lieu du crime, le pourquoi, quand, bref, les ab initio de l’investigation et de l’info)", a déploré le comédien Mohamed Bassou, natif de Zagora. Selon lui, le problème n’est pas seulement le viol. "Le problème est mental, géographique et de couleur … et nous continuerons à le dire jusqu’à ce que nous mourions. (…) Le centralisme est le tueur du pays", a-t-il ajouté.

Abdessamad Ait Benali, un militant des droits de l’Homme de la région de Zagora renchérit : "Il existe plusieurs différences dans le traitement entre les crimes d’Adnane et de Naïma, non seulement par les médias, mais aussi par les juristes, les responsables et même la population en général". Selon lui, la manière dont les deux crimes ont été traités confirme que le Maroc navigue dans des directions opposées. "Les crimes du Nord et du Sud sont très similaires, même si le premier a connu son dénouement, et que le second est toujours en cours d’investigations", a déclaré M. Benali à Hespress.

"L’AMDH dénonce cette discrimination et les relations sèches et molles qui proviennent de certains médias, en particulier les officiels. Cela nous donne l’impression que nous sommes dans un système auquel personne ne prête attention et nous y souffrons en silence", a déclaré pour sa part Ibrahim Rizkou, responsable de la branche de l’Association marocaine des droits de l’Homme à Zagora. Aussi, a-t-il dénoncé l’inaction des autorités : "La responsabilité dans cette affaire incombe aux autorités d’autant plus qu’elles ont reçu un avis de disparition, et n’ont pas utilisé les moyens nécessaires pour repérer la victime à temps et éviter le pire".

Le père de la petite fille est celui qui a pu identifier le corps de Naïma Rouhi. Samedi, le procureur général du roi près la cour d’Appel de Ouarzazate a annoncé la découverte des restes d’ossements humains de petite taille et quelques vêtements dans l’une des montagnes de Tafergalt, près d’Agdz. Une enquête judiciaire a été ouverte, laquelle a été confiée au Centre judiciaire de la gendarmerie royale de Zagora. Le souhait du père de la défunte, c’est que les enquêteurs réussissent à déterminer si sa fille avait été assassinée ou si elle était décédée de "causes naturelles". Il assure n’avoir aucun problème avec quiconque dans la région.

Mots clés: Zagora , Décès , Association Marocaine des Droits Humains (AMDH) , Disparition

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