Le meurtre d’Adnane Bouchouf remet sur le tapis la question de la peine capitale

16 septembre 2020 - 07h30 - Maroc - Ecrit par : G.A

Après l’indignation et le choc, le viol suivi du meurtre du jeune Adnane Bouchouf a fait ressortir du tiroir, le vieux débat sur l’application de la peine capitale. Dans l’opinion publique, beaucoup estiment que pour des crimes d’une telle inhumanité, la peine de mort est la plus appropriée.

Une pétition virtuelle a été lancée pour forcer la main aux autorités. Approchée par 2M.ma, Nouzha Skalli, porte-parole du réseau des parlementaires contre la peine de mort indique qu’elle comprend et partage totalement la réaction des Marocains en réponse à un crime aussi crapuleux. Mais elle émet quelques réserves « J’exprime toute ma solidarité et ma compassion et partage la douleur des parents du petit Adnane. Il faut que la justice soit rendue, loin de toute pression. Elle doit tenir compte de l’enquête sociale et psychologique », a-t-elle déclaré. Le Maroc a cessé d’appliquer la peine de mort depuis 1982. Mais une exception a été faite en 1993, dans le cadre de l’affaire du commissaire Tabit.

La pétition est déjà à plus d’un demi-millions de signatures. Les internautes espèrent que le violeur et assassin de Adnane sera exécuté. Mais Nouzha Skalli reste convaincue que même si on condamnait le ou les coupables à une mort aussi atroce que celle de la victime, cela ne changera pas la situation. Elle appelle les autorités à une gestion responsable de cette affaire.« La justice n’est pas une vengeance », a-t-elle indiqué, tout en appelant à condamner avec la plus grande rigueur l’auteur de ces actes barbares.

Elle appelle à mener des recherches sur les raisons qui se cachent derrière ces actes pour éviter que des générations ne soient sacrifiées. « Les enfants violés qui ne bénéficient d’aucun suivi peuvent hélas devenir à leur tour, des violeurs », explique Nouzha Skalli. Depuis le lundi 14 septembre, le tueur présumé de Adnane Bouchouf a été déféré devant le procureur du Roi près de la cour d’appel de Tanger. Les Marocains espèrent que la justice sera faite pour Adnane et ses parents.

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