Maroc : forte augmentation des paiements sans contact durant la crise du coronavirus

2 avril 2021 - 06h40 - Economie - Ecrit par : Bladi.net

La pandémie de Coronavirus a entraîné une forte augmentation des paiements sans contact appelés aussi contactless. Cet essor a conduit au relèvement par le Centre monétique interbancaire (CMI) du plafond autorisé sans code PIN deux fois en moins d’un an.

La dématérialisation de la monnaie est une réforme qui révolutionne le secteur des affaires. Elle a connu un boom avec l’avènement de coronavirus. Malgré les inquiétudes de certains agents économiques, le système de paiement contactless a connu une forte expansion avec un seuil de relèvement passant du simple au double puis au triple.

Le premier relèvement a eu lieu en avril 2020 dans le cadre de l’application des mesures barrières contre Covid-19. Ce relèvement était passé de 200 DH à 400 DH. Le second est intervenu avec les directives du CMI et Visa au début de ce mois pour porter la limite de vérification de la carte à 600 DH.

Dans les transactions, les agents économiques privilégient ce moyen de paiement, ce qui devrait contribuer significativement à la réduction de la monnaie fiduciaire en circulation. Les avantages du contactless sont la facilité, la fluidité, la rapidité et la sécurité. Ce mode de paiement d’après les chiffres du CMI, a connu une hausse du taux de nombre de transactions passant de 4,7 % en janvier 2020 à 25 % en décembre de la même année. Les montants réglés par ce mécanisme de paiement a aussi connu un accroissement de 1,5 % à 11,1 %.

Dans le communiqué de l’annonce du second relèvement de la limite de paiement sans code PIN, le DG du CMI, Mikael Naciri a soutenu que « le paiement sans contact a été très favorablement accueilli par les commerçants et les porteurs de carte, compte tenu des avantages significatifs que ce mode de paiement procure en termes de commodité et de sécurité ».

En augmentant la limite de vérification de la carte à 600 DH, le CMI espère des commerçants et de leurs clients, davantage de paiements sans contact. Le DG du CMI révèle que l’objectif est d’atteindre un taux global de 40 % de paiements sans contact d’ici à la fin de l’année 2021.

Fiabilité et sécurité des transactions

Il est impossible de réaliser de manière involontaire une transaction sur un terminal de paiement contactless. Le risque qui hante certains consommateurs qui craignent la cybercriminalité est nul, assure-t-on. Le CMI donne la confirmation sur son site web et explique que la fonctionnalité sans contact de la carte est inactive lorsque l’utilisateur n’est pas à proximité d’un terminal de paiement. De plus, le code confidentiel est demandé dès l’atteinte d’un certain nombre de paiements consécutifs sans contact.

Télégestion entre risque et contrôles

Le relèvement du plafond à 600 DH entraîne des modifications au niveau des différents systèmes d’autorisation des banques, a souligné Nasr-Eddine Belghiti, directeur général et fondateur de IPRC, une entreprise spécialisée dans la télégestion de GAB. Des perturbations peuvent survenir dans le cas où les tests de validation ne seraient pas exécutés de manière exhaustive, soutient-il. De ce fait, le risque dû aux changements existe, mais les contrôles aussi.

« Notre vigilance sera accrue les premières semaines de mise en application de ce nouveau plafond, afin d’anticiper tout comportement pouvant générer une fraude ou un comportement inattendu. Nous mettons en place avec nos clients de nouvelles règles de détection de comportements pouvant être d’origine frauduleuse ou d’erreur de traitement et nous supervisons le flux monétique pour nos clients en 24/7 », a dit M. Belghiti.

Il a recommandé à l’utilisateur d’accroître sa vigilance lors de l’utilisation de ces instruments de paiement et de consulter l’historique de ses opérations sur les appli mobile, web banking, GAB, etc. Enfin, l’utilisateur doit se rapprocher du centre d’appel de sa banque, pour toute opération suspecte. En définitive, « la réglementation en vigueur confère au porteur de la carte, des instruments de protection. Par ailleurs, nos clients font preuve d’anticipation en contactant leur client en cas de suspicion sur les origines d’une transaction », conclut Belghiti.

Bladi.net Google News Suivez bladi.net sur Google News

Bladi.net sur WhatsApp Suivez bladi.net sur WhatsApp

Sujets associés : Arnaque - Capital immatériel - Coronavirus au Maroc (Covid-19)

Aller plus loin

Doing business : le Maroc s’éloigne du top 50

Longtemps décidé à rejoindre le top 50 du classement du Doing business, le Maroc semble s’en éloigner. La crise sanitaire due au coronavirus et certains paramètres risquent de...

Les opérateurs marocains de l’industrie pharmaceutique en colère contre le ministre de la Santé

Les opérateurs locaux de l’industrie pharmaceutique ne sont pas contents du ministre de la Santé. Ils lui reprochent d’ignorer les laboratoires marocains au profit des seules...

Les Marocains délaissent le cash

L’amélioration de la technologie et des mesures de sécurité engendrées par la crise du Covid, ont favorisé la confiance des Marocains dans le paiement numérique. La croissance...

Alerte sur la pénurie de cash dans les distributeurs de billets

Au Maroc, retirer de l’argent via les guichets automatiques bancaires (GAB) est une mission impossible pour de nombreux citoyens. Certains guichets manquent cruellement de...

Ces articles devraient vous intéresser :

Le Maroc prépare les aéroports de demain

Le Maroc prévoit de se doter d’un nouveau Schéma directeur aéroportuaire national à l’horizon 2045, le dernier élaboré en 2013 étant devenu obsolète.

Maroc : plus de mariages, moins de divorces

Le Haut-commissariat au plan (HCP) vient de livrer les dernières tendances sur l’évolution démographique, le mariage, le divorce et le taux de procréation par rapport à 2020, année de la survenue de la crise sanitaire du Covid-19.

Le Maroc prolonge encore l’état d’urgence sanitaire

Réuni jeudi lors de sa séance hebdomadaire, le conseil de gouvernement a adopté le projet de décret portant prorogation, à nouveau, de l’état d’urgence sanitaire.

Le Maroc met fin au PCR et pass vaccinal pour les voyageurs

Bonne nouvelle pour les touristes et les MRE souhaitant se rendre au Maroc. Les autorités sanitaires viennent de mettre fin à la présentation du PCR ou du pass vaccinal à l’entrée du territoire.

Le Covid-19 se rappelle au bon souvenir des Marocains

Après une période d’accalmie, le Maroc fait désormais face à une hausse des contaminations au Covid-19. Le ministère de la Santé a exprimé ses inquiétudes appelant les Marocains à respecter les recommandations.

Royal air Maroc relance une ligne vers le Portugal

La compagnie aérienne Royal Air Maroc (RAM) a annoncé la reprise de la liaison Casablanca-Porto. Cette ligne est restée suspendue depuis le début de la pandémie de Covid-19.

Le tourisme marocain connaît une embellie pendant les fêtes de fin d’année

Au Maroc, plusieurs établissements hôteliers ont fait le plein pendant les fêtes de fin d’année. Une embellie après deux ans difficiles de crise sanitaire liée au Covid-19.

Les touristes reviennent en force au Maroc

Après deux ans de restrictions sanitaires liées au Covid-19, les hôtels enregistrent une très forte demande pour les vacances de fin d’année. Les réservations explosent et les professionnels espèrent atteindre les chiffres d’avant-Covid.

Le Maroc met fin à la fiche sanitaire

Quelques jours après avoir annoncé la fin de l’état d’urgence sanitaire, les autorités marocaines portent à la connaissance des voyageurs que la fiche sanitaire n’est plus une obligatoire pour accéder au territoire.

Aziz Akhannouch confiné après avoir contracté le Covid-19

Le Chef du gouvernement,Aziz Akhannouch, a contracté le Covid-19, sous une forme asymptomatique, selon le porte-parole du gouvernement, Mustapha Baitas.