Plâtre, eau de Javel, psychotropes : comment des dealers empoisonnent la cocaïne au Maroc
L’horreur se cache parfois dans la poudre blanche. Une opération de la Gendarmerie royale près de Casablanca a levé le voile sur des pratiques glaçantes : pour maximiser leurs profits, des narcotrafiquants n’hésitent pas à couper la cocaïne avec de l’eau de Javel, du plâtre ou des médicaments psychotropes, vendant ce poison au prix fort.
Les auditions menées suite à ce coup de filet ont révélé un cynisme absolu. Selon le quotidien Al Akhbar, l’un des barons interpellés a détaillé sa “recette” macabre pour augmenter les volumes à moindre coût : un mélange de farine et d’eau de Javel, chauffé puis séché, avant d’être incorporé à la drogue. Le piège est redoutable : ce mélange corrosif provoque des saignements de nez immédiats, un effet secondaire que les consommateurs naïfs interprètent à tort comme un gage de la puissance et de la pureté du produit.
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Cette falsification permet aux trafiquants d’écouler leur marchandise frelatée au prix du luxe, avoisinant les 1 000 dirhams le gramme. Mais pour le client, la facture peut être fatale. Les enquêteurs alertent sur les risques sanitaires majeurs liés à l’ingestion de ces agents chimiques, allant de l’accident vasculaire cérébral à la crise cardiaque, en passant par des risques cancérigènes.
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L’imagination morbide des dealers ne s’arrête pas là. D’autres suspects ont avoué utiliser du plâtre de construction, dont la blancheur fait illusion, ainsi que des analgésiques ou de lourds médicaments psychotropes destinés aux troubles mentaux. Une roulette russe chimique motivée uniquement par l’appât du gain, au mépris total de la vie des usagers.